Repères
Depuis quelques années, les moyens d´attirer l´investissement étranger direct (IED) occupent une place de premier plan dans les stratégies de développement économique en tant que moyen essentiel de financer le développement dans les pays africains sans aggraver leur endettement. Il a en outre été escompté qu´en créant des emplois, en favorisant le transfert de nouvelles technologies et en créant des liens avec le reste de l´économie, l´IED permettrait de s´attaquer directement au problème de la pauvreté dans le continent. Aussi les réformes d´orientation visant à améliorer le climat de l´investissement dans les pays africains ont-elles de plus en plus été axées sur les moyens d´attirer l´IED, mais sans que soient obtenus les résultats escomptés, qu´il s´agisse d´accroître les flux d´IED vers les secteurs productifs ou d´obtenir une accélération de la croissance et une réduction de la pauvreté. Aujourd´hui, le continent représente à peine 2 à 3 % des flux mondiaux, par rapport à un niveau record de 6 % au milieu des années 70. Même calculé en chiffres par habitant, l´écart entre l´Afrique et les autres régions en développement s´est considérablement creusé dans les années 90 et reste très important.
Une combinaison particulière de caractéristiques géographiques, historiques et structurelles a fait qu´en Afrique, les IED ont traditionnellement été attirés dans des enclaves de production de produits primaires axées sur l´exportation et n´ayant que peu de liens avec le reste de l´économie. Cette situation n´a guère changé ces dernières années et a contribué à affaiblir un processus d´investissement autonome et dynamique, en particulier parce que le souci d´attirer des IED en proposant une plus grande ouverture et en réduisant le rôle de l´État a détourné l´attention de déterminants plus fondamentaux des flux d´IED vers l´Afrique, à savoir la taille des marchés et leur croissance, les ressources disponibles et le développement des infrastructures.
Dans le secteur des industries extractives, la concurrence entre les pays pour attirer les investissements a entraîné une surenchère de mesures d´incitation, ce que certains observateurs ont qualifié de "course à l´abîme", non seulement du point de vue des recettes fiscales sacrifiées, mais aussi eu égard à l´abandon par les pouvoirs publics des options et des moyens d´action nécessaires à la poursuite d´une croissance à long terme plus dynamique.
Les auteurs du rapport montrent bien que les IED comportent pour les pays d´accueil des avantages, mais aussi des coûts. Ils analysent la nécessité d´adopter une approche plus critique de l´évaluation de l´ampleur, du type et de l´impact des IED dans les pays africains. Il faut moins se préoccuper des moyens d´attirer des IED que d´adopter une approche plus équilibrée et plus stratégique adaptée aux conditions socioéconomiques et au problème de développement des pays africains.
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