Repères
Les pays les moins avancés (PMA) enregistrent des taux de croissance économique records sans toutefois que cet essor leur permette d´améliorer de façon significative le bien-être de la majorité de la population. Selon le Rapport 2008 sur les pays les moins avancés, cela tient au mode de croissance économique et aux stratégies de développement adoptés par ces pays. Afin d´atténuer considérablement les pénuries matérielles et de s´engager sur la voie du développement économique et social, les PMA doivent adopter de nouveaux types de stratégies de développement mises au point par eux-mêmes et dont ils soient responsables. L´un des aspects de cette réforme consiste à adopter des politiques visant à gérer l´aide publique au développement reçue.
Depuis 2000, la croissance économique des PMA a été plus forte qu’au cours des années 90. En 2005 et 2006, elle s´est encore accélérée pour atteindre - tous PMA compris - son taux record depuis trente ans.
Les PMA restent vulnérables à un déclin de la croissance car ils demeurent caractérisés par une mobilisation des ressources intérieures et par des investissements intérieurs faibles, un développement embryonnaire de leurs industries manufacturières, une forte dépendance vis-à-vis des produits de base, une modernisation insuffisante des activités d´exportation, une augmentation des dépenses pour les produits alimentaires et les importations de pétrole et des déficits commerciaux croissants.
Compte tenu de ce scénario macroéconomique et de la pauvreté généralisée qui prévaut dans les PMA, ces pays ont été très durement touchés par l~envolée des prix des produits alimentaires au niveau international. Dans nombre d’entre eux, le prix intérieur de certains aliments de base a doublé, comprimant ainsi le budget des familles pauvres, qui consacrent entre 50 et 80 % de leur revenu à leurs besoins alimentaires. La crise alimentaire risque par conséquent de ralentir - voire d’infléchir - le peu de progrès accomplis jusqu´à présent en vue de réduire la pauvreté et la malnutrition dans les PMA.
Il est dit dans le Rapport sur les pays les moins avancés qu´une croissance économique plus pérenne et sans laissés-pour-compte implique des stratégies de développement efficaces au niveau national, complétées par une aide au développement effective et par des systèmes régissant le commerce, l´investissement et la technologie qui soient propices au développement. Il est essentiel que les pays s´approprient davantage les stratégies de développement nationales afin de garantir l´efficacité du développement et de l´aide. À cet effet, il est conseillé aux PMA de mettre en oeuvre des politiques en matière de gestion de l´aide qui permettront d´accroître l´efficacité de l´aide tout en apportant une contribution plus dynamique au développement. Les propositions faites sont essentielles pour renforcer l´efficacité de l´aide et faire en sorte qu´elle porte véritablement ses fruits. Elles sont à mettre en relation avec l´évaluation de la suite donnée à la Déclaration de Paris sur l´efficacité de l’aide adoptée en mars 2005, prévue à Accra (Ghana) en septembre 2008.
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