Publié conjointement par la CNUCED
et Roland Berger Strategy Consultants
EMBARGO
Le présent communiqué ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
la radio, la télévision et les médias électroniques
avant le 14 juin 2004, 14 h 30 São Paulo
(17 h 30 TU, 19 h 30 Genève, 23 heures New Delhi) |
D´après la première étude détaillée sur les
stratégies de délocalisation des sociétés européennes de premier plan [En anglais seulement], publiée aujourd´hui, 4 entreprises sur 10 ont commencé à délocaliser leurs activités de service. L´étude, menée conjointement par la CNUCED et Roland Berger Strategy Consultants, portait sur un échantillon représentatif de 500 grandes sociétés européennes qui engrange plus de 20 % du revenu total de ce groupe de sociétés.
Des entreprises ayant leur siège au Royaume-Uni, au Benelux et en Allemagne totalisent 90 % du nombre des emplois de service déjà délocalisés. Avec plus de 60 de ces emplois, les sociétés britanniques sont en tête pour le volume total (fig. 1). La proportion devrait augmenter, car près de la moitié des entreprises interrogées envisagent de délocaliser d´autres services dans les prochaines années.
D´après Thomas Eichelmann, associé principal et membre du comité exécutif mondial du cabinet Roland Berger, "les sociétés de l´Europe se divisent en deux catégories: bon nombre d´entre elles ont déjà délocalisé certaines activités et envisagent de le faire à nouveau, alors que d´autres n´ont jamais délocalisé et n´envisagent pas de le faire dans un proche avenir". "D´une manière générale, la concurrence sur leurs propres marchés ainsi que la disponibilité, les coûts et l´infrastructure sont les causes premières qui poussent les entreprises à délocaliser et déterminent leur choix du pays de destination".
Dans l´ensemble, les entreprises interrogées sont très satisfaites des résultats obtenus. Environ 80 % d´entre elles considèrent que l´opération est un succès, et 3 % seulement ne sont pas contentes du résultat. Les avantages vont au-delà des simples économies réalisées et comprennent une meilleure qualité de service ainsi que l´accès aux compétences et à l´infrastructure; néanmoins, l´abaissement des coûts demeure le moteur principal. Les économies se situent habituellement dans une fourchette de 20 % à 40 % (fig. 2), et dépassent souvent les prévisions initiales de l´entreprise. Une société sur trois signale que l´amélioration de la qualité du service dépasse ses attentes.
L´étude révèle que le choix des pays de destination n´est pas dicté uniquement par des données concrètes (coûts, compétence de la main d´œuvre et décalage horaire) et qu´il est influencé par des facteurs plus diffus tels que le comportement des concurrents, les campagnes de promotion menées par le pays de destination et l´influence interne exercée par les filiales étrangères. C´est le cas de plus de 40 % des sociétés étudiées (fig. 3). En ce qui concerne le choix des pays, plus de la moitié des projets de délocalisation se situent en Europe: les principales destinations sont le Royaume Uni, l´Irlande, l´Espagne et le Portugal en Europe occidentale, la Pologne, la Hongrie et la Roumanie en Europe orientale. Près de 4 projets sur 10 concernent l´Asie, notamment l´Inde. En ce qui concerne le volume d´emploi, la part de l´Asie est beaucoup plus forte, car les projets de délocalisation dans cette région sont souvent aussi les plus grands.
Pour certaines entreprises, d´autres régions entrent dans le champ des possibles. "Nous sommes en train d´étudier des lieux d´implantation éventuelle en Amérique centrale et en Amérique du Sud, à savoir le Mexique et le Brésil, pour y délocaliser nos services de relations avec le public", nous a dit le représentant d´une société dont le siège est dans l´Europe du Sud Ouest. "Nous nous sommes aperçus qu´un gros effort était déployé afin de faire de cette région une destination attrayante pour y délocaliser des services. Cette région est plus intéressante pour nous que l´Asie, en particulier du point de vue linguistique."
Toute la gamme des services, depuis les relations avec le public jusqu´aux services administratifs, peut donner lieu à délocalisation. Les finances, la comptabilité, l´informatique, la gestion des ressources humaines et d´autres services de secrétariat interviennent dans quelque 60 % des projets actuels ou prévus de délocalisation des sociétés européennes interrogées. Un tiers des sociétés ont mentionné la délocalisation de services de relations avec le public tels que les centres d´appels destinés à la clientèle. D´une manière générale, aucun service n´est intouchable; la plupart peuvent être délocalisés. Plus de 20 % des enquêtés n´ont pas exclu explicitement la possibilité d´une délocalisation pour un genre d´opération ou un autre. "Nous procédons régulièrement à une révision systématique de nos services, en explorant les bénéfices à tirer d´une délocalisation", nous a dit le représentant d´une importante société de l´industrie du transport, "mais nous essayons d´éviter que le nom de l´entreprise soit lié ostensiblement à la délocalisation, afin de prévenir une réaction de rejet de la part du public".
Les sociétés européennes sont généralement en retard sur leurs concurrents des États Unis dans la délocalisation et plus de 50 % d´entre elles considèrent que le modèle de délocalisation à l´américaine n´est pas applicable à l´Europe. Les principales différences qu´elles invoquent sont la réglementation et la souplesse des marchés européens de l´emploi, la diversité des cultures et le statut de l´anglais en tant que langue universelle.
Du point de vue de la politique des pouvoirs publics, les pays doivent définir les créneaux dans lesquels ils peuvent offrir des conditions intéressantes pour l´exportation des services. D´après Karl P. Sauvant, Directeur de la Division de l´investissement à la CNUCED, "la délocalisation des services offre de nombreuses possibilités de création d´emplois et d´exportation dans les pays en développement". "Quelques pays seulement accueillent déjà ce genre de services, mais d´autres pourraient en profiter aussi, à condition de pouvoir proposer la bonne combinaison de coûts, de compétences et d´infrastructures et de savoir "se vendre"."
Les entreprises qui ont délocalisé des services sont convaincues que leur pays profite aussi de l´opération, notamment sous forme d´une meilleure compétitivité et d´un abaissement des prix. La délocalisation pourrait donc être importante pour la compétitivité de l´ensemble des entreprises européennes par rapport à leurs homologues des États Unis.
La CNUCED (www.unctad.org) est l´organe central de coordination de l´ONU pour le traitement intégré des questions de commerce et de développement et des questions connexes dans les domaines du financement, de la technologie, de l´investissement et du développement durable.
Roland Berger Strategy Consultants, fondé en 1967, est un des premiers cabinets mondiaux de consultants en matière de stratégie. Possédant 32 bureaux dans 22 pays et plus de 1 685 employés, il travaille avec succès sur tous les grands marchés internationaux. En 2003, il a réalisé plus de 530 millions d´euros de recettes. Il s´agit d´une société indépendante qui regroupe plus de 160 associés (www.rolandberger.com).
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