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UNCTAD/PRESS/PR/2009/039
07/09/09


La crise a de lourdes répercussions sur les pays en développement, ce qui risque de compromettre la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement


EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2009 ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
la radio, la télévision et les médias électroniques
avant le 7 septembre 2009, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève, 22 h 30 à Delhi, 2 heures le 8 septembre à Tokyo)

D´après le nouveau rapport de la CNUCED, une déréglementation à outrance et la prise de risques excessifs sont à l´origine des turbulences financières qui ont abouti à des pertes de revenus considérables et à une pauvreté accrue

Genève, 7 septembre 2009 - Depuis septembre 2008, la crise financière s´est muée en une véritable récession qui touche pratiquement tous les marchés et tous les pays, soit par contagion financière directe soit par la baisse des recettes d´exportation et des envois de fonds des migrants. L´économie mondiale enregistre ainsi son premier repli depuis la Deuxième Guerre mondiale, dont les effets sur l´emploi se font sentir dans tous les pays. D´après le Rapport 2009 sur le commerce et le développement(1) que la CNUCED publie aujourd´hui, ce repli rend désormais presque impossible la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement d´ici à 2015.

Les économistes de la CNUCED évoquent la déréglementation des marchés financiers comme la cause principale de la crise financière et économique mondiale. L´absence de réglementation a entraîné une innovation anarchique dans le domaine des instruments financiers qui a obscurci les relations entre créanciers et débiteurs et encouragé la prise de risques inconsidérés. La finance est ainsi devenue prépondérante par rapport à l´économie "réelle". Une grande partie du secteur financier s´est détachée des secteurs productifs; et l´influence des forces spéculatives - non seulement sur les marchés financiers mais également sur les marchés des changes et des produits de base- a été renforcée.

Cette année, le Rapport sur le commerce et le développement est plus spécialement consacré à la crise mondiale et aux liens entre atténuation des changements climatiques et développement. (voir le communiqué de presse UNCTAD/PRESS/PR/2009/038).

La crise, qui a débuté initialement dans le secteur financier, s´est muée en un grave ralentissement de l´économie réelle puisque le PIB mondial devrait chuter de plus de 2,5 % en 2009. Sa gravité et son ampleur sont sans précédent et aucun pays n´est épargné. Le PIB des pays développés se contractera de quelque 4 % en 2009 et la production des pays en transition devrait baisser de plus de 6 %. Dans les pays en développement, la croissance devrait tomber de 5,4 % en 2008 à 1,3 % en 2009, entraînant une réduction du revenu moyen par habitant. Même les pays dont la croissance sera positive cette année, comme la Chine et l´Inde, accusent un ralentissement significatif par rapport aux années précédentes.

La crise financière s´est propagée rapidement du secteur des prêts hypothécaires à risque du marché financier aux États-Unis à l´intégralité du système financier de ce pays et, presque simultanément, aux marchés financiers d´autres pays développés. Aucun marché n´a été épargné, qu´il s´agisse des marchés boursiers et des marchés de l´immobilier d´un grand nombre de pays développés et de pays émergents, ou des marchés des changes et des marchés de produits de base. La crise du crédit a retenti sur l´activité économique réelle, accélérant la chute de l´emploi et de la demande privée et provoquant la récession la plus sévère depuis la Grande Dépression. La crise a touché plus fortement les entreprises, les revenus et l´emploi dans le secteur financier. Elle a également eu d´importantes répercussions sur les secteurs de la construction, des produits de base et des biens de consommation durables où la demande est largement tributaire du crédit.

Au premier trimestre 2009, la formation brute de capital fixe et la production manufacturière ont fortement reculé dans la plupart des puissances économiques mondiales. Parallèlement, les difficultés de solvabilité dans les secteurs non financiers de nombreux pays ont commencé à se répercuter sur le système financier.

La brusque contraction du commerce international en volume est allée de pair avec la baisse de la production manufacturière. D´où le recul de la demande de matières premières qui, conjugué au dénouement des positions spéculatives des investisseurs financiers sur les marchés des produits de base, a entraîné une forte correction des prix après une période de hausse. Le commerce international a pâti des difficultés de financement du commerce. En 2009, le commerce mondial devrait se contracter d´au moins 11 % en termes réels et de 20 % en dollars courants.

Presque tous les pays en développement ont enregistré un ralentissement marqué de leur croissance économique depuis le milieu de l´année 2008 et nombre d´entre eux sont également entrés en récession. Certains pays en développement et pays émergents se sont avérés moins vulnérables que lors des crises précédentes. Il s´agit de pays d´Asie et d´Amérique latine qui jouissaient d´une situation macroéconomique relativement solide avant la survenue de la crise actuelle: ils avaient évité d´importants déficits de la balance courante, voire affichaient des excédents, au cours des années précédentes. Au contraire, de nombreux pays émergents, dont plusieurs en Europe orientale, ont subi les effets de la crise, ce qui s´est traduit par une perte de confiance générale dans les marchés financiers mondiaux et de ceux d´Europe de l´Est et dans la capacité de ses marchés de faire face à des risques financiers extérieurs.

Les régions en développement les plus gravement touchées par la crise mondiale sont notamment l´Amérique latine, où le PIB chutera probablement d´environ 2 % en 2009, le Mexique étant aux prises avec une récession particulièrement grave. Ont aussi été fortement touchées l´Asie de l´Ouest, où plusieurs pays ont subi un recul des prix des actifs financiers, du marché immobilier et du pétrole, et l´Asie du Sud-Est, où de nombreux pays sont largement tributaires des exportations de produits manufacturés. Ces régions devraient enregistrer une croissance négative de leur PIB en 2009. En Afrique, la croissance de la production devrait fortement chuter en 2009 mais rester positive, avec une augmentation anticipée de 3 % en Afrique du Nord et de 1 % en Afrique subsaharienne. Dans cette région, la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement d´ici à 2015 est devenue pour ainsi dire impossible.

L´Asie de l´Est et l´Asie du Sud devraient afficher une croissance de 3-4 % en 2009. Les puissances économiques de ces régions, en particulier la Chine et l´Inde, ont mieux résisté que d´autres aux tensions récessionnistes parce que leur marché intérieur joue un rôle plus important, et de plus en plus grand, dans la demande totale. En outre, le rebond constaté en Chine au deuxième semestre 2009 atteste de l´efficacité de la politique de déficit budgétaire si celle-ci est appliquée rapidement et vigoureusement.

Jusqu´à présent, la plupart des ressources publiques affectées à la crise visaient à soutenir le secteur financier des pays développés. Les mesures d´assouplissement monétaire et les grandes opérations de sauvetage ont pu prévenir l´effondrement du système financier mais elles ont été insuffisantes pour redynamiser la demande globale et stopper la hausse du chômage. Afin de stimuler la demande, des mesures budgétaires anticycliques qui ont un effet direct sur la demande globale sont indispensables et de nombreux pays développés et pays émergents ont de fait lancé des plans importants de relance budgétaire. En outre, de nombreux autres pays en développement et pays en transition qui avaient dû rechercher le soutien financier du Fonds monétaire international (FMI) bénéficient d´une marge d´action insuffisante sur le plan budgétaire et doivent suivre des politiques procycliques en contrepartie des fonds obtenus. Bien que ce type de conditionnalité semble être appliqué pour rétablir la "confiance" des marchés financiers, il n´est souvent pas justifié compte tenu de ses effets négatifs sur l´emploi et la pauvreté dans les pays concernés. De fait, les politiques macroéconomiques anticycliques sont le meilleur remède pour faire face à la crise.

Dans la situation critique actuelle, les pays à faible revenu ont besoin d´un soutien accru sous la forme d´une augmentation, coordonnée au niveau international, de l´aide publique au développement (APD). En outre, un moratoire temporaire sur la dette que ces pays ont envers des créanciers publics leur permettrait de continuer de financer les dépenses publiques et les importations nécessaires. Non seulement cela aiderait les pays bénéficiaires et leur population à surmonter la crise mais constituerait aussi une mesure de relance anticyclique qui pourrait contribuer à stimuler la demande mondiale.

La probabilité d´une reprise dans les principaux pays développés qui soit assez forte pour permettre à l´économie mondiale de renouer avec le taux de croissance antérieur à la crise est plutôt faible. Cela tient au fait que ni la consommation ni l´investissement ne devraient se rétablir à court terme en raison de la très faible utilisation des capacités et de la hausse du chômage. En outre, les banques doivent toujours être recapitalisées et débarrasser leurs bilans des actifs toxiques avant de pouvoir recouvrer leur rôle traditionnel, qui est d´octroyer des crédits aux investisseurs en capital fixe. Étant donné la faiblesse des fondamentaux macroéconomiques, le redressement des indicateurs financiers au premier semestre 2009 atteste plus probablement d´une remontée temporaire des prix des actifs et des produits financiers, qui étaient anormalement faibles à la suite d´une surréaction à la baisse aussi irrationnelle que la hausse exubérante antérieure. Cette reprise ne reflète pas un renforcement des fondamentaux macroéconomiques mais un regain "d´appétit du risque" chez les agents financiers, qui pourrait s´estomper rapidement.

Le montant considérable des fonds injectés par les banques centrales et la forte hausse des déficits budgétaires dans de nombreux pays ont suscité des craintes quant à une résurgence de l´inflation. Ces risques sont toutefois nettement surestimés. L´augmentation délibérée des dépenses publiques, en particulier lorsqu´elle stimule l´investissement, peut accroître les capacités de production et promouvoir la création d´emplois, ce qui élargira la base d´imposition et, partant, améliorera les recettes publiques à aux taux d´imposition donnés. En outre, l´utilisation des capacités étant historiquement à son niveau le plus bas et le chômage augmentant à une vitesse alarmante, le risque de "surchauffe" de l´économie ou d´inflation par les salaires est très faible dans les années à venir. De fait, le véritable danger provient de la déflation et non de l´inflation. Afin de mettre un terme à la contraction du PIB et de réduire le risque de déflation, les gouvernements et les banques centrales doivent maintenir, voire renforcer, leurs politiques monétaires et budgétaires expansionnistes. Cela étant, le taux de croissance du PIB devrait redevenir positif en 2010 mais il a peu de chances de dépasser 1,6 %.

A télécharger [PDF] : | rapport en entier (seulement en anglais) [217 pages, 1404 KB]
| aperçu en anglais [37 pages, 682 KB]
| aperçu en français [39 pages, 257 KB]
| aperçu en espagnol[42 pages, 208 KB]
| aperçu en arabe [37 pages, 223 KB]
| aperçu en russe[42 pages, 250 KB]
| aperçu en chinois[31 pages, 1233 KB] |

Annotations

1. Le Rapport 2009 sur le commerce et le développement (numéro de vente: F.09.II.D.16, ISBN 978-92-1-112776-8) peut être obtenu auprès des bureaux de vente des Nations Unies aux adresses indiquées ci-après ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans de nombreux pays. Le prix est de 55 dollars des États-Unis, mais un prix spécial de 27,50 dollars des États-Unis. est appliqué dans les pays en développement, les pays de l´Europe du Sud-Est et les pays de la CEI, et de 13,75 dollars des États-Unis dans les pays les moins avancés. Pour toute commande ou toute demande de renseignements pour l´Europe, l´Afrique et l´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH 1211, Genève 10 (Suisse), télécopie: +41 22 917 0027, courriel: unpubli@un.org; pour les Amériques et l´Asie orientale, s´adresser à Publications des Nations Unies, Two UN Plaza, DC2 853, New York, NY 10017 (États Unis d´Amérique), téléphone: +1 212 963 8302 ou +1 800 253 9646, télécopie: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org, Internet: http://www.un.org/publications.



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