EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2007 ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
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avant le 17 septembre 2009, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève, 22 h 30 à Delhi, 2 heures le 18 septembre à Tokyo) |
Genève, 17 septembre 2009 - Les investissements étrangers directs (IED) peuvent apporter aux pays en développement les ressources financières et les compétences dont ils ont tant besoin pour accroître leur capacité productive, la production agricole dans les pays pauvres restant un important sujet de préoccupation pour la communauté internationale. Mais le potentiel offert par ces investissements est loin encore d´être réellement mis à profit, selon l´étude annuelle de la CNUCED sur l´investissement dans de monde.
Le World Investment Report 2009(1) (Rapport sur l´investissement dans le monde 2009), sous-titré Transnational Corporations, Agricultural Production and Development (Sociétés transnationales, production agricole et développement) est rendu public aujourd´hui.
Selon le rapport, les sociétés transnationales (STN) ont joué un rôle, dans beaucoup de pays en développement, dans la commercialisation et la modernisation de l´agriculture, même si elles ne sont ni le seul - ni dans la plupart des cas le principal - moteur de ce processus. Elles y contribuent non seulement à travers l´IED (par exemple en créant des exploitations agricoles) mais aussi à travers des accords d´agriculture contractuelle, une forme de participation sans capital-actions. Il peut s´agir par exemple d´´une chaîne de supermarchés ou d´une industrie alimentaire étrangères qui achètent des récoltes dans le cadre d´un arrangement fixant les prix, les quantités, la qualité et autres spécifications. Ces relations contractuelles entre STN et agriculteurs locaux peuvent être très bénéfiques, dans la mesure où elles permettent de mettre à la disposition d´un très grand nombre de petits exploitants des intrants et un savoir-faire. En reliant ces exploitants aux marchés mondiaux et en leur assurant des revenus plus prévisibles, les STN peuvent aussi les aider à surmonter des problèmes financiers et technologiques. Tout cela peut contribuer à promouvoir un développement agricole durable au profit des populations pauvres et à atténuer la pauvreté rurale. Mais l´implication des STN dans la production agricole peut aussi avoir des effets dommageables si elle se traduit par des pertes d´emplois, si elle favorise les pratiques commerciales restrictives ou si elle rend les exploitants trop dépendants des STN pour leur fournir des intrants ou pour leur acheter leur production. Le risque que des terres soient "accaparées" est également préoccupant. Les effets et conséquences réels varient énormément selon les pays et les types de produits agricoles, et dépendent de nombreux facteurs, en particulier de l´environnement institutionnel du pays d´implantation.
Selon le rapport, il ressort des informations disponibles que les STN s´impliquent surtout dans la production de cultures marchandes,. Elles sont peu présentes dans les cultures de base, pourtant indispensables pour nourrir la population des pays en développement. On voit donc qu´il n´y a pas de relation simple entre sécurité alimentaire et implication des STN dans l´agriculture des pays d´implantation. Mais la sécurité alimentaire recouvre d´autres éléments importants, comme la sûreté des produits alimentaires et la modération de leur prix, auxquels les STN peuvent contribuer, et contribuent effectivement. En fournissant un financement, un savoir-faire et des technologies, les STN peuvent surtout jouer un rôle décisif dans le contexte plus large de la modernisation et du développement des pays d´implantation. Mais, comme le souligne le rapport, il faudrait faire davantage pour mettre à profit ce potentiel.
Une approche intégrée est indispensable
Pour répondre à la demande croissante de produits alimentaires et pour revitaliser l´agriculture dans les pays pauvres, les responsables des politiques doivent promouvoir, selon le rapport, toutes les formes d´investissement: privé et public, intérieur et étranger. Même si la participation des STN soulève des questions, les pays d´implantation ne doivent pas sous-estimer les avantages qu´elle peut leur procurer.
L´enjeu essentiel est de faire en sorte que l´implication des STN, soit à travers l´IED, soit dans le cadre d´arrangements contractuels, contribue au développement. Il faut aussi apporter des réponses aux problèmes sociaux et environnementaux, et se préoccuper en particulier des conséquences possibles, à long terme, pour le développement agricole et la sécurité alimentaire des pays. Les gouvernements doivent donc concevoir de bonnes stratégies de développement agricole à long terme, qui aient pour objectif d´attirer les STN vers la production agricole, mais qui ciblent aussi les domaines connexes que sont l´infrastructure, la concurrence, le commerce et la recherche-développement. Les accords internationaux d´investissement (AII) peuvent être un autre moyen de promouvoir la participation des STN.
Le Rapport sur l´investissement dans le monde recommande que les pays d´implantation s´attachent en particulier à promouvoir les arrangements contractuels entre STN et exploitants locaux, tels que les accords d´agriculture contractuelle. Les responsables des politiques devraient chercher les moyens d´éliminer les obstacles spécifiques à cette coopération et s´efforcer de sauvegarder les intérêts des petits exploitants. Parmi ces moyens figurent le renforcement des capacités et l´élaboration de contrats types qui protègent les intérêts des exploitants agricoles dans leurs négociations avec les STN.
Pour optimiser la contribution de l´IED et de l´agriculture contractuelle à un développement agricole et rural durable, le rapport suggère de prêter une attention particulière au cadre législatif national et aux contrats d´investissement entre le gouvernement du pays d´implantation et les investisseurs étrangers,. Ces contrats devraient être conçus de manière à assurer une répartition équitable des gains économiques procurés.
Mais les politiques visant à développer des sources d´approvisionnement à l´étranger pour assurer la sécurité alimentaire du pays d´origine ont été soupçonnées d´aggraver les pénuries alimentaires dans les pays d´implantation et de priver de terres les exploitants locaux. Les pays en développement qui envisageaient d´investir à l´étranger pour assurer leur sécurité alimentaire devraient donc également avoir à l´esprit qu´une production alimentaire délocalisée sous la forme d´agriculture contractuelle est susceptible de constituer une option moins controversée que l´IED, souligne le rapport. En outre, les pays d´origine pourraient encourager leurs STN à investir dans les entreprises de négoce et dans les infrastructures logistiques, notamment portuaires, des pays en développement. Une collaboration Sud-Sud étroite entre pays investisseurs et pays bénéficiaires est considérée comme essentielle.
L´agriculture et la sécurité alimentaire ont mobilisé récemment une attention considérable au niveau international. Parmi les initiatives futures possibles, le Rapport sur l´investissement dans le monde recommande d´envisager l´élaboration au niveau international d´un ensemble de principes fondamentaux concernant les acquisitions à grande échelle de terres agricoles par des investisseurs étrangers.
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