L´investissement étranger direct (IED(1)) en Afrique a reculé l´année passée, ramenant à moins de 1 % la part, déjà faible, du continent dans l´ensemble des investissements dans le monde, selon le World Investment Report 2001 (Rapport sur l´investissement dans le monde 2001) (2) que la CNUCED fait paraître aujourd´hui.
Ce mouvement de retrait - on est passé de 10,5 à 9,1 milliards de dollars - surprend après l´augmentation de 2 milliards de dollars enregistrée en 1999 et marque le premier déclin sérieux depuis le milieu des années 90. Il résulte pour l´essentiel du ralentissement enregistré dans quelques pays, dont l´Angola, le Maroc et l´Afrique du Sud, principaux bénéficiaires de l´investissement en Afrique, et pour lesquels l´IED s´est réduit de moitié (voir tableau 1). Pour beaucoup d´autres pays africains cependant, l´IED garde un rôle de premier plan dans la formation brute de capital fixe.
L´IED en provenance d´Afrique reste minime, sauf dans le cas de l´Afrique du Sud, mais l´IED à destination du continent - beaucoup plus élevé qu´au début des années 90 grâce au climat plus propice créé par les pouvoirs publics - a connu plusieurs mouvements au cours de l´année passée.
L´investissement en Afrique subsaharienne est passé de 8 milliards de dollars en 1999 à 6,5 milliards de dollars en 2000. Ce recul s´explique pour l´essentiel par la baisse des investissements en Angola (elle-même explicable par le cycle des investissements dans l´industrie pétrolière) et en Afrique du Sud (à cause de la réduction des opérations de fusion-acquisition et de privatisation). Dans 20 autres pays, les investissements ont légèrement diminué. Pour la sous-région, la liste des principaux pays intéressés change à peine, les producteurs de pétrole que sont le Nigeria et l´Angola restant en tête, suivis par l´Afrique du Sud.
À l´intérieur de la région subsaharienne même, c´est la Communauté de développement de l´Afrique australe(3) (SADC) qui enregistre les progrès les plus importants, en termes relatifs comme en termes absolus, depuis le début des années 90. Si l´IED à destination de la Communauté a fléchi (3,9 milliards de dollars en 2000 contre 5,3 milliards en 1999), là encore à cause de la conjoncture en Angola et en Afrique du Sud, il reste nettement au-dessus de la moyenne des 3 milliards de dollars reçus par les membres actuels de la SADC entre 1994 et 1998. Des augmentations importantes ont été signalées au Lesotho, à Maurice et en Tanzanie, alors qu´on observait un ralentissement dans d´autres pays de la SADC. À titre d´exemple, le Zimbabwe a chuté de 444 millions de dollars en 1998, à 59 millions en 1999, puis à 30 millions de dollars en 2000, essentiellement en conséquence de tensions politiques.
À cause du recul de l´Angola, l´IED a fléchi dans 34 pays africains parmi les moins avancés (PMA), passant de 4,8 milliards de dollars en 1999 à 3,9 milliards de dollars en 2000. Si l´on excepte l´Angola, le groupe bénéficie d´un volume d´investissement sensiblement égal à celui de l´année précédente. En fait, les PMA africains sont le seul groupe régional de PMA à enregistrer une augmentation de l´IED ces dernières années. Leur part dans le total des flux d´investissement représentait 90 % en 1999-2000, soit une nette augmentation par rapport aux 69 % de moyenne enregistrés entre 1990 et 1998.
L´Afrique du Nord s´est maintenue à peu près au même niveau que l´année précédente (2,6 milliards de dollars). Le volume d´IED a baissé au Maroc - où une grande opération de privatisation des télécommunications l´avait grossi l´an passé - et en Algérie. Au Soudan, l´IED, qui se concentre dans l´exploration pétrolière, est passé de 370 millions de dollars à 392 millions de dollars. L´Égypte reste en première position dans la sous-région, l´IED dont elle bénéficie augmentant légèrement (de 1 à 1,2 milliard de dollars).
L´Afrique du Sud était à l´origine de 43 % des capitaux d´investissement sortis d´Afrique l´an dernier (1,3 milliard de dollars), ce qui en fait, et de loin, la source d´IED la plus importante du continent. Elle accueille également 4 des 50 grandes sociétés transnationales en pays en développement(4) ayant leur siège en Afrique(5) (voir TAD/INF/PR/29). Le secteur industriel sud-africain a connu une restructuration massive après avoir été longtemps dominé par des conglomérats quasi-monopolistiques de l´apartheid, opérant dans des branches industrielles très variées et ayant quelques investissements à l´étranger. Dans les grandes sociétés sud-africaines, la fin de l´apartheid a aussi été le début d´une nouvelle ère de concurrence, qui les a obligées à se concentrer sur leur principales activités et à abandonner leurs activités périphériques. Parallèlement, des sociétés comme le brasseur South African Breweries ou le papetier Sappi ont compris que pour survivre dans le nouvel environnement de concurrence mondiale, il fallait se doter d´une stratégie internationale, prévoyant l´acquisition d´entreprises à l´étranger pour explorer de nouveaux débouchés, et être introduit sur les marchés boursiers étrangers (essentiellement Londres) pour attirer les capitaux étrangers. |