Agence canadienne de
développement international
NOTES POUR UNE ALLOCUTION DE SERGE
MARCIL
REPRESENTANT CANADIEN, MEMBRE DU
PARLEMENT CANADIEN
A L'OCCASION DE
LA
TROISIEME CONFERENCE DES NATIONS UNIES
SUR
LES PAYS LES MOINS AVANCES
Bruxelles (Belgique), le 15 mai 2001- PM
Session
(Sous réserve de modifications)
En ma qualité de
représentant canadien, membre du Parlement canadien, c'est avec fierté que je
représente mon pays à cette
troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés. Je tiens
à remercier nos hôtes, l'Union européenne et
la population de Bruxelles, de nous accueillir si chaleureusement. Je tiens
aussi à féliciter la Conférence
des Nations Unies sur le commerce et le développement, qui a su concevoir un
programme des plus riches en prévision de cet important rassemblement.
C'est un honneur pour moi de vous présenter la perspective canadienne sur cette
conférence et de faire le point sur la facon dont le programme canadien de
coopération au développement appuie les pays les moins avancés afin qu'ils
relèvent les défis auxquels ils font face, le plus important d'entre eux étant
la réduction de la pauvreté.
Beaucoup diront que la pauvreté dans le monde est inévitable, qu'il y aura
toujours des personnes pauvres, quoi que nous fassions. Je crois qu'ils ont
tort. Quand je pense aux personnes qui vivent dans la pauvreté, je ne les
perçois pas comme des bénéficiaires passifs, des objets de compassion. Je crois
qu'elles peuvent être des acteurs dynamiques dans leur société. Et nous sommes
tous, dans la communauté internationale, appelés à faire nôtres les défis qui sont les leurs.
Au cours de la dernière décennie, la communauté internationale s'est donné des
objectifs précis, les objectifs de développement international que nous devons
nous employer à atteindre afin de
réduire la pauvreté. La vision sur laquelle ils reposent suppose également un
partenariat entre toutes les nations, et elle attribue aux pays en
développement un rôle de chefs de file dans le contexte des initiatives de
développement. Le Canada croit fermement à cette vision.
Le fait que la réduction de la pauvreté occupe une place aussi importante parmi
les priorités internationales me fournit une bonne raison de croire en notre
volonté collective d’aller de l'avant et de relever ensemble ce défi, dans un
véritable esprit de partenariat.
Le Canada croit que nous allons accomplir du bon travail à Bruxelles cette semaine. Sont rassemblés ici des
représentants de groupes variés, allant des gouvernements et des parlementaires
aux organismes internationaux et aux organisations non gouvernementales, en
passant par les représentants du secteur privé et des groupes de jeunes. C'est à nous tous maintenant que revient de
mobiliser nos énergies et d'arriver à des résultats concrets et significatifs. Et ce sont les pays les moins
avancés eux-mêmes qui doivent diriger le processus.
Indépendamment de la diversité des groupes ici présents, je crois que les
séances thématiques inscrites au programme de cette conférence contribueront
grandement à 1'efficacité des
délibérations. Ces séances mettent à profit le travail accompli par les organismes de l'ONU et sont co-présidées
par des pays en développement et des pays développés, conformément aux
principes du partenariat et du leadership des pays en développement. Elles fourniront une tribune ou examiner des sujets particuliers en
fonction des priorités des pays les moins avancés. L'occasion à saisir : celle de définir des éléments à concrétiser qui éveilleront en nous tous
le désir de nous dépasser. Le défi à relever : celui de résister à la tentation d'aborder ces questions
indépendamment les unes des autres, celui de mettre à profit toutes les occasions qui s'offriront de
discuter des liens qui existent entre elles, et de leurs liens avec la
réduction de la pauvreté, cela dans tous les forums de la Conférence.
La délégation canadienne participera activement à ces séances thématiques et à d'autres activités prévues dans le cadre de la
Conférence. Elles présentent des liens avec bon nombre des domaines dans
lesquels les Canadiens ont travaillé en partenariat avec les pays les moins
avancés au cours des cinquante derrières années. Nous sommes profondément
convaincus que le développement durable doit reposer sur une approche globale,
une approche qui permet d'établir des liens d'importance cruciale entre les
objectifs de réduction de la pauvreté et la bonne gouvernance, le commerce, la
gérance environnementale, le renforcement des capacités, 1'égalité des sexes et
les grands enjeux sociaux... pour ne nommer que quelques facettes de la
coopération au développement.
La ministre canadienne de la Coopération internationale s'est employée à consolider la contribution du Canada au
développement social, pour contribuer à un avenir prospère au moyen d'investissements dans la santé et la
nutrition, la lutte contre le VIH/sida, 1'éducation de base et la protection
des enfants.
Dans ce contexte, c'est avec grand plaisir que nous avons accepté 1'invitation à co-présider la séance thématique sur la
santé et la productivité, avec M. Banda, notre distingué collègue ministre de
la Santé du Malawi.
Cette séance thématique mettra 1'accent sur la relation qui existe entre un bon
état de santé, la croissance économique et le développement. Les mesures axées
sur la santé constituent l’un des meilleurs investissements qu'un pays puisse
faire. Nous savons que les gens malades n'ont pas 1'énergie ou la force de
garder un emploi, encore moins d'en créer un. Et nous savons que les pauvres
n'ont pas les moyens de préserver leur santé. C'est un véritable cercle vicieux
: plus on est pauvre, plus on est malade... plus on est malade, moins on est
productif… et moins on est productif, plus on est pauvre. Un cercle vicieux
dont les personnes, les familles et les pays deviennent les prisonniers.
Nos discussions lors de cette séance mettront à profit la rencontre préparatoire tenue à Ottawa, il y a quelques semaines, ainsi
que 1'excellent travail accompli par 1'Organisation mondiale de la santé. J'ai
bon espoir que lors des discussions sur le cadre d'action proposé, les
participants de tous les milieux et de tous les pays cerneront les domaines où ils pourront intervenir. J'espère qu'ils
verront ces interventions non pas comme de simples postes de dépenses, mais
comme des investissements productifs dans le développement économique.
J'aimerais parler un moment d'un des éléments du cadre d'action proposé, à savoir la création d'un fonds mondial pour
la santé qui servirait à mobiliser
des ressources pour combattre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Du
fait de leurs coûts humains, sociaux et économiques, ces maladies représentent
un sérieux obstacle au développement. Dans le monde d'aujourd'hui, pour
reprendre les paroles du Secrétaire général de 1'ONU, Kofi Annan : « Il
n'existe pas de sanctuaires de la santé, il n'y a pas de distinction entre les
infections "étrangères" et les infections "intérieures".
Nous ne pouvons pas dire "Il y a nous et il y a les autres". Les
partenariats efficaces à 1'échelle
mondiale seront notre seule arme contre les épidémies et les maladies
endémiques. »
Le Canada est favorable à la
création d'un tel fonds, et je demande avec instance à tous les donateurs, publics et privés, qui
assistent à cette conférence, de
manifester clairement leur appui au fonds mondial pour la santé. Ce faisant,
ils livreront aux dirigeants mondiaux un message sans équivoque à 1'approche de la Session extraordinaire de
1'Assemblee générale de 1'ONU consacrée au VIH/sida, qui se tiendra le mois
prochain, ainsi que du Sommet du G8, qui se tiendra à Gênes en juillet. Un fonds mondial constituerait
un seul élément du cadre d'action proposé, élément qui aurait besoin du soutien
de donateurs, mais qui serait coordonné par les pays en développement.
Je fais également appel aux ministres des finances et de 1'économie des pays
les moins avancés pour qu'ils interviennent lors de la séance thématique et
indiquent clairement les mesures qu'ils entendent prendre à 1'echelle nationale.
Pour terminer, j'aimerais rappeler la nécessité, pour tous les participants à cette conférence, d'appuyer le leadership
manifesté par les pays en développement, non seulement dans le domaine de la
santé, mais dans tous les autres domaines dont on traitera au cours des
diverses séances.
Les mesures dont nous conviendrons à l'issue des séances thématiques devront venir compléter le travail déjà
entrepris, tout en générant un nouvel élan qui accélérera le processus de
réduction de la pauvreté dans les pays les moins avancés. Nous sommes tous
concernés par le défi que cela représente, et nous devrons tous prendre part à la recherche de solutions utiles et
durables.
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