Déclaration de la Délégation Comorienne à la Troisième Conférence des Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés
Par Monsieur Sultan CHOUZOUR, Conseiller Privé du Chef de l'Etat, Chef de
la Délégation.
(Seul le texte prononcé fait foi)
Depuis bientôt quatre ans, les Comores sont confrontées à
une grave crise séparatiste qui menace leur unité et leur intégrité. Cette
crise a également aggravé considérablement la situation économique et sociale
de la population dont la précarité a atteint un seuil critique. Dans ce
contexte, toute stratégie de lutte contre la pauvreté passe nécessairement par
le règlement de cette crise. C'est pourquoi, avec le concours de la Communauté
Internationale, les Autorités Comoriennes déploient des efforts considérables
dans la recherche d'une solution négociée de cette crise qui n'a que trop duré.
Grâce aux efforts accomplis, des progrès significatifs et
encourageants ont été obtenus se traduisant par la signature de deux actes
fondamentaux :
Cet accord a institué un certain nombre d'instances avec
des missions spécifiques :
1- Le Comité de Suivi composé des
parties signataires et des représentants de la Communauté Internationale sous
la coordination de l'OUA avec pour mission de «contrôler, superviser,
coordonner et prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour assurer la
mise en oeuvre effective de toutes les dispositions de l'Accord Cadre». Les
travaux de ce comité ont démarré le 16 Mars 2001 et continuent non sans
difficultés... Néanmoins, des progrès significatifs ont été enregistrés et un
large consensus a permis de définir les conditions de mise en place des autres
instances prévues par l'Accord.
2- La Commission Tripartite, «
principal organe représentant le Gouvernement, l'Autorité d'Anjouan, les Forces
politiques et la Société civile des Iles ». Elle a deux missions
essentielles :
-
L'élaboration d'un projet de Loi
Fondamentale à soumettre à l'avis de la population par voie référendaire.
-
Le ramassage des armes encore aux
mains des milices dont il est prévu la réinsertion sociale.
La première réunion de cette
commission qui aura lieu le 18 mai prochain fixera notamment les modalités de
mise en place de la Commission Nationale Electorale Indépendante.
3- La Commission Nationale Electorale
Indépendante, dont les membres sont désignés par la Commission Tripartite. Elle
a pour mission, notamment, «d'organiser, conduire et superviser le référendum
constitutionnel et tous les autres scrutins ».
Selon le calendrier prévu dans cet Accord, en décembre
2001, le pays devrait disposer de toutes les institutions électives prévues par
la nouvelle constitution, mettant ainsi un terme à quatre années de crise
politique et constitutionnelle.
Dans cette phase du processus qui demeure difficile et
complexe, plus que jamais, le soutien de la communauté internationale est
requis.
A cet effet, nous lançons un appel solennel à toute la Communauté internationale
- et principalement à ceux qui sont engagés avec nous dans ce processus, à
savoir l'OUA, l'Agence Internationale de la Francophonie, l'Union Européenne,
la Ligue des Etats Arabes, la France, sans oublier les pays de la Région,
notamment Madagascar, l’Afrique du Sud et Maurice, pour qu'Elle soutienne et
appuie le bon déroulement du processus dans les délais prévus par l'Accord
Cadre.
Néanmoins, comme il est clairement établi que le succès
de ce processus repose également sur la prise en compte des problèmes sociaux
et économiques les plus urgents auxquels le pays est confronté, les Autorités
préconisent l'organisation urgente d'une «Conférence des Amis des Comores»,
idéalement au mois de juillet prochain, pour la recherche de fonds destinés à financer
le Programme d'urgence, de Réconciliation et de Reconstruction Nationale défini
par le Gouvernement. Cette démarche bénéficie du soutien actif de certains de
nos partenaires, dont la Banque Mondiale qui exprime ainsi sa bonne,
appréciation des progrès accomplis par le Gouvernement en matière de bonne
gouvernance, notamment dans le domaine de la gestion rigoureuse des finances
publiques.
Dans cet ordre d'idée, l'Accord Cadre de Réconciliation
propose également l'organisation d'une conférence des bailleurs de fonds pour
financer le Programme National de lutte contre la Pauvreté dans le Nouvel
Ensemble Comorien.
Bruxelles, vendredi
le 18 Mai 2001
Bxelles, Vendredi le 18 Mai 2001