IIIe CONFERENCE DES NATIONS UNIES SUR LES PAYS LES MOINS
AVANCES
COMMUNICATION
DE S.E. MADAME CAMARA MAHAWA BANGOURA,
MINISTRE A
LA PRESIDENCE CHARGE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION, GUINEE
Bruxelles, le 15 mai 2001
Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de
Gouvernement,
Excellence Monsieur le Secrétaire Général des Nations-Unies
Excellence Monsieur le Président du Conseil de l'Union Européenne,
Excellence Monsieur le Secrétaire Général de la CNUCED,
Excellences Messieurs les Ministres,
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,
La Troisième Conférence des Nations Unies sur les Pays
les Moins Avancés (PMA) est une nouvelle opportunité qui s'offre à la
Communauté Internationale pour échanger des vues et convenir de la meilleure
manière de sortir- les PMA de leur marginalisation.
A cette occasion, permettez-moi tout d'abord, au nom du Gouvernement
guinéen et singulièrement au nom de Son Excellence le Général Lansana Conté,
Président de la République de Guinée, de remercier chaleureusement le
Gouvernement belge et en particulier Sa MAJESTE LE ROI ALBERT II, pour
l'accueil combien chaleureux réservé à la délégation
de mon pays, ainsi que pour toutes les dispositions prises pour conférer aux
travaux de cette Conférence un succès sans précédent.
Je tiens aussi à remercier au nom du Gouvernement guinéen
tous les responsables du Système des Nations Unies en général et en particulier
le Secrétaire Général de la CNUCED pour tous les efforts qu'il a 'bien a voulu
déployer en vue d'assurer la tenue de cette importante conférence dans les
meilleures conditions.
Ces remerciements vont également au Président du Conseil
de l'Union Européenne qui a apporté une contribution de qualité à
l'organisation de la conférence.
Le Gouvernement guinéen fonde le grand espoir que les
résultats de ces importantes assises aboutiront à l'adoption d'un programme
d'action réaliste et réalisable pour les dix années à venir, favorisant ainsi
la réduction de la pauvreté dans les PMA et leur intégration progressive et
efficiente dans l'économie mondiale.
Monsieur le Président,
Honorables Représentants,
Mesdames et Messieurs,
Pour la Communauté Internationale, si les années 80 ont
été qualifiées de décennies perdues, les années 90 demeurent celles de la
marginalisation des PMA.
En Guinée, les causes de cette marginalisation tiennent à
la diminution de l'aide publique au développement, au manque d'adéquation de
certains programmes d'ajustement structurels par rapport aux problèmes de
développement durable et à la fluctuation des prix des produits d'exportation
telle que la bauxite sur le marché international.
Ainsi, malgré les progrès
notables accomplis à la fois sur le plan macroéconomique et dans le domaine des
réformes structurelles au cours de la décennie écoulée, la situation économique
de la Guinée reste encore préoccupante.
En guise d'illustration, on peut
relever les indicateurs économiques ci-après:
- L'espérance de vie à la naissance est de 54 ans
- Le taux de mortalité infantile: 98 pour mille
- Le taux de mortalité infanto-juvénile : 177 pour mille
- Le taux brut de scolarisation aux primaires: 56,5%
- Le taux d'accès à l'eau potable: 49%
Ces indicateurs révèlent que la Guinée fait partie encore
du Groupe des PMA avec 40% de sa population vivant en dessous du seuil de la
pauvreté.
Cette situation déjà très préoccupante se trouve aggravée
par l'insécurité dans la sous-région.
En effet, voici maintenant 9 mois, qu'au mépris de toutes
les réactions de la Communauté internationale, des groupes de rebelles armés,
soutenus par le Gouvernement libérien attaquent et tuent nos paisibles
populations frontalières.
Ces rebelles procèdent par des incursions meurtrières répétées
que l'armée guinéenne, appuyée par de jeunes volontaires, ont toujours
vaillamment repoussées.
Les conséquences de cette tragique situation sont énormes
et affectent profondément le programme de développement économique de notre
pays.
En plus des milliers de réfugiés résultant des guerres en
Sierra Léone et au Libéria, les attaques aux frontières-guinéennes ont engendré
un flux
important~de personnes déplacées et une paralysie totale
de la vie socioéconomique des localités d'accueil.
En somme, cette déstabilisation touche une population de
plus de 1.200.000 personnes parmi lesquelles 420.000 réfugiés et 311.000
personnes déplacées sont assistées par le Haut Commissariat aux Réfugiés.
La faiblesse de l'assistance Internationale pour les
519.000 autres personnes déplacées, continue d'accroître les souffrances des
populations des zones d'accueil.
Ce forum nous paraît tout à fait approprié pour appeler à
plus de solidarité et susciter une assistance accrue en faveur de la République
de Guinée qui a tant souffert, et continue depuis, onze ans, de souffrir de
cette guerre qui lui est imposée à ses frontières Sud et Sud-Est.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Comme vous le savez, la gravité de la situation et l'évidence des
culpabilités établies par des missions d'enquête des Nations Unies ont conduit
le Conseil de Sécurité à adopter à l'unanimité la résolution 1343 (2001) du
Conseil de Sécurité contre le Gouvernement du Libéria.
Le Gouvernement guinéen, qui a oeuvré aux côtés de pays
membres permanents du Conseil de Sécurité pour que ces sanctions soient
imposées, est convaincu que, tant que le Gouvernement Libérien aura les moyens
de sa politique d'agression, il n'hésitera pas à défier la communauté
internationale et à continuer à créer des troubles dans la sous-région.
A cet égard, je voudrais, au nom du Gouvernement guinéen,
lancer un appel à tous les Etats ici représentés, afin qu'ils veillent à
l'application globale des sanctions entrées en vigueur depuis le 7 mai 2001.
Le Gouvernement Guinéen, par ma voix, tient ici à donner
l'assurance que la Guinée dont vous avez pu apprécier l'hospitalité et l'esprit
de sacrifice face aux graves conflits qui ont ensanglanté les pays de la Mano
River Union, continuera à assumer ses responsabilités vis à vis des réfugiés
Libériens et Sierra Léonais.
II est également prêt, dans les conditions régulières, à
s'associer à toute initiative de règlement pacifique de cette crise en vue de
la restauration rapide de la paix et de la stabilité dans la sous-région.
Le Gouvernement Guinéen attend de la Communauté
internationale un soutien plus marqué, pour offrir aux réfugiés, aux personnes
déplacées et aux populations d'accueil un meilleur cadre de vie.
Je voudrais, Excellences Mesdames et Messieurs, vous
renouveler au nom du Peuple de Guinée, du Gouvernement Guinéen, et
singulièrement au nom du Président de la République, le Général Lansana CONTE,
nos sincères remerciements pour tout le soutien que vos Etats et Institutions
n'ont cessé d'apporter à notre pays en ces moments de dures épreuves.
Enfin, Monsieur le Président, après deux rendez-vous
manqués pour IG décennie des années 80 et celle des années 90, la délégation
guinéenne souhaite vivement que le rendez-vous de Bruxelles soit couronné de succès.
Les pays donateurs pour leur part devraient faire
l'effort pour respecter leurs engagements au titre de l'aide publique au
développement, de l'annulation de la dette des pays pauvres, de l'accès au
marché international, la protection de l'environnement et la lutte contre
certaines maladies, telles que le VIH/SIDA, qui compromettent dangereusement le
développement des PMA.
Je vous remercie.
ercie