CONFEDERATION INTERNATIONALE DES SYNDICATS
LIBRES (CISL)
Intervention de Mamounata Cissé,
Secrétaire Générale Adjointe
Bruxelles, 14 - 20 mai 2001
(Seul le
texte prononce fait foi)
Je suis particulièrement heureuse de vous présenter le
point de vue et les priorités des 156 millions de~ travailleurs et
travailleuses de la Confédération Internationale des Syndicats Libres de
216 centrales syndicales nationales, à travers le monde.
II est connu de nos jours que l'une des raisons, et non
des moindre, de la désintégration de notre société reste les changements
engendrés par la mondialisation de l'économie. On n'a plus besoin de se
convaincre des effets néfastes de la mondialisation sur les populations en
général et sur les travailleurs et travailleuses en particulier.
De nos jours ce qui était international fait partie de
notre quotidien.
A l'époque, les défendeurs de cette mondialisation nous
disaient que la mondialisation allait créer un marché planétaire et permettre
un partage plus équitable des ressources. Alors, elle avait l'allure de paradis
pour tous et toutes.
Aujourd’hui, la réalité est tout autre. Grâce aux
progrès technologiques, aux avancées prodigieuses des communications et de
l'information, les entreprises se dotent de moyens puissants pour agir au
niveau mondial. Elles peuvent ainsi avec plus d'aisance profiter des économies
d'échelle, jouer sur les disparités nationales et régionales pour élargir leurs
marchés et minimiser leurs coûts.
La déréglementation devient une condition pour
leur implantation. Les sociétés devenues multinationales et transnationales
privilégient les sites où les infrastructures fonctionnent.
C'est ainsi que sont quasiment exclus de leur sphère
d'action, les pays en développement qui compte le plus grand nombre des PMA. 11
est connu de tous que les 49 pays les moins avancés, au revenu par tête le plus faible - Africains pour la
majorité - ne représentent que 0,3 % du commerce mondial contre 2,3 % en 1960.
Conséquences, les problèmes sociaux se sont accentués
dans les PMA, menaçant ainsi la paix sociale. On constate une hausse du chômage
et de la pauvreté eu égard au traitement de certains problèmes sociaux, comme
accès aux soins de santé, à l'éducation et aux médicaments, pour les plus
démunis et l'absence d'un système de protection sociale pour les travailleurs
et les travailleuses.
Ces facteurs ont engendré une société très contrastée, et
de plus en plus violente car exacerbant les injustices, l'intolérance, et
l'exclusion.
Les inégalités dans l'espace mondial, l'inégalité
démographique, productive et commerciale, etc… ont contribué à creuser de
grands fossés entre les hommes et les femmes dans les PMA. Ces femmes
ressentent durement tous ces effets, d'autant plus qu'un grand nombre d'entre
elle étaient déjà dans un état de marginalisation et de pauvreté absolue.
II n'est donc pas surprenant que le nombre de PMA soient
passés de 25 en 1970 à 49 en 2001. Cela est vraiment déplorable, car la crise
économique frappe au moment où de réels progrès se concrétisaient dans certains
pays.
Ces pays qui avaient fait d'énormes progrès dans le
domaine des droits syndicaux et humains et dans le domaine de l'égalité, voient
leurs acquits s'envoler. Pour d'autres groupes des améliorations de chance du
développement et des droits demeurent encore une utopie.
Ce sont autant de raisons pour que la 3è conférence des
PMA adopte un programme d'action concret, impliquant la participation des
partenaires sociaux de la société civile, notamment les syndicats. La lutte
contre la pauvreté dans les PMA doit permettre l'instauration d'un le dialogue
avec les organisations syndicales et les ONG.
C'est pourquoi, les Priorités Syndicales de la CISL, à cette 3ème
Conférence des Nations Unies sur les PMA, reposent sur un certain nombres d'éléments
clés, indispensables visant à réduire la pauvreté dans les PMA, contenus dans
notre déclaration.
La coopération au développement et la solidarité internationale
doit se faire par des actions plus concrètes et ne plus être un simple slogan.
Les intentions doivent de traduire en actes.
L'annulation de la dette des PMA démocratiques qui
respectent les droits humains et les droits fondamentaux des travailleurs basés
sur les principes de l'OIT.
Pour cela une réforme des politiques économiques des
Banque Mondiale, le FMI, l'OMC et autres s'impose avec pour objectif la
création d'emplois de qualité et en quantité pour les hommes et les femmes et
étendre la protection et la sécurité sociales aux travailleurs non protégés de
l'économie informelle et progressivement leur insertion dans l'économie
formelle.
Pour que les populations bénéficient du développement, il
est indispensable que la déclaration de l'OITsur les principes et les droits
syndicaux au travail soit respectée.
Les questions d'égalité/parité hommes-femmes doivent être
intégrées dans toutes les politiques et programmes.
Le suivi, le contrôle et les examens des programmes
d'action nationaux spécifiques des PMA doivent être élaborés sur la base de
véritables consultations et d'un réel partenariat entre gouvernements,
entreprises et syndicats ainsi qu'avec d'autres acteurs représentatifs de la
société civile.
La CISL soutient la référence aux consultations avec la société civile dans le texte mais insiste sur la
nécessité d'ajouter les syndicats.
Assurer un soutien significatif à une participation
effective des PMA au dialogue international et à l'action internationale en
matière de développement, ainsi que dans les processus de décision et
d'établissement de règles et de normes dans tous les domaines touchant à leur
développement.
L'assistance au Développement doit augmenter l'aide afin
d'honorer l'objectif fixé par les Nations unies de 0,7% du produit national
brut (PNB) et au minimum à 0,15°/ pour les PMA.
Les PMA doivent dans ces conditions, s'accorder sur un
cadre de bonne gouvernance en allouant des ressources exonérées pour les
secteurs sociaux et la participation des organisations représentatives de la
société civile notamment les syndicats, au suivi, contrôle et mise en oeuvre
des programmes.
Des mécanismes pour les produits de base et un traitement
spécial et différentiel pour les PMA.
Des ressources doivent être dégagées pour permettre
l'accès aux médicaments et vaccins essentiels et notamment aux médicaments qui
savent des vies à un prix abordable et ou gratuit. (SIA et paludisme etc.-)
La 3è conférence sur les PMA doit soutenir les projets de
propositions dans le processus préparatoire du financement pour le développement
en vue de l'élaboration d'un instrument légal mondial contre la corruption.
La paix sociale reste une condition indispensable à la
réalisation du programme d'action.
La participation du secteur privé au commerce légal des
armes et en complicité avec les ventes d'armes par des accords illicites de
ressources précieuses devrait être localisée et stoppée.
Et enfin, le renforcement de la capacité humaine dans la
production.
Avant de
terminer, je voudrais dire que tous ces efforts doivent soutenus par toutes les
institutions de l'ONU, la Banque Mondiale, le FMI et l'OMC pour atteindre
l'objectif d'un développement durable et la réduction de la pauvreté.
Je vous
remercie.