FORUM DES ONG 

 

Declaration De Jean-Pierre Ouédrago Du Comite De Reflexion Sur L'aide Publique

Au Developpement Et Sur L'investissement Direct Etranger

 

(Sous réserve de modification)

 

Honorables délégués et participants à la troisième conférence des Nations Unies pour les Pays les moins avancés.

 

Le forum des ONG à cette troisième conférence s'est organisé en comités de réflexion pour pouvoir approfondir et donner sa position sur un certain nombre de thèmes importants qui seront débattus par les représentants des États qui prennent part aux négociations finales de Bruxelles sur le plan d'action 2001-2010 en faveur des Pays les moins avancés (PMA).

 

Le comité de réflexion sur l'aide publique au développement et l'investissement direct étranger a l'honneur de vous présenter, au nom du Forum des ONG, la déclaration suivante initiée par Mme Muoy YOU du Cambodge, Mme Charlotte POULSEN du Danemark et M. Jean-Pierre OUÉDRAOGO du Burkina Faso.

 

La société civile voudrait avant tout réaffirmer l'importance première qu'elle accorde au renforcement de la bonne gouvernance et de la transparence dans les PMA et sa détermination à se faire reconnaître comme partenaire à part entière par les Gouvernements du Nord et du Sud.

 

En ce qui concerne l'aide publique au développement, le Forum voudrait souligner l'impérieuse nécessité pour les pays développés de relever substantiellement le niveau de cette aide pour atteindre le pourcentage de 0,7% du leur PNB conformément aux engagements internationaux auxquels ils ont souscrit. Les ONG approuvent le délai de 2005 fixé dans le projet de plan d'action 2001-2010 pour atteindre cet objectif ainsi que la définition de critères d'évaluation des progrès accomplis en ce sens. Nous approuvons donc les paragraphes 86 (c) et 87 du projet de plan d'action daté du 11 avril 2001. Enfin, il nous paraît important de modifier le paragraphe 84 (f) pour élargir le partenariat Etat-secteur privé à la société civile.

 

Il importe également d'améliorer l'efficacité de cette aide à travers un engagement ferme des pays développés à poursuivre le processus devant conduire à une aide non liée en faveur des pays en voie de développement.

 

Les gouvernements des PMA devraient également améliorer l'efficacité et l'équité de leur système de recouvrement des impôts. Le financement du développement à partir de l'effort national représente un moyen de renforcer la responsabilité des gouvernements vis-à-vis de leurs contribuables et donc un facteur d'approfondissement du civisme et de la démocratie dans les PMA.

 

Concernant l'investissement direct étranger, la société civile recommande l'instauration par les gouvernements des PMA et des pays développés d'un environnement favorable à l'investissement privé qu'il soit local ou international. Toutefois, elle voudrait souligner la nécessité pour ces investisseurs de respecter les engagements internationaux relatifs aux droits humains, aux droits des travailleurs et des consommateurs. Il importe, à ce propos, d'amener les entreprises multinationales à souscrire à l'initiative « Global Compact » lancée le Secrétaire général des Nations Unies M. Kofi Annan en 1999 et qui fait obligation de respecter dans le pays d'intervention un certain nombre de droits internationalement reconnus.

 

Enfin, mesdames et messieurs, honorables délégués et participants à la troisième conférence des Nations Unies sur les PMA, le Forum des ONG voudrait insister sur la nécessité d'accorder une attention particulière au concept de biens publics mondiaux et régionaux développé dans le paragraphe 96 du projet de plan d'action. II nous paraît toutefois important d'ajouter dans ce paragraphe « l'information » comme faisant partie intégrante des biens publics mondiaux. En effet, l'information constitue un élément capital dans le processus du développement.

 

La qualification de biens publics mondiaux constitue une des voies permettant de justifier la recherche de financement spécifique pour la résolution de questions ayant un caractère régional ou mondial et auxquelles les PMA sont confrontées.

 

Il conviendrait d'approfondir la réflexion sur cette notion en vue de la traduire en plans opérationnels et pragmatiques car il y a bien pénurie de biens publics mondiaux, au regard des problèmes écologiques, sanitaires et technologiques de dimensions régionale et planétaire.

 

Je vous remercie pour votre attention.

 

Fait à Bruxelles le 18 mai 2001.


Le Forum des ONG

 

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