DISCOURS PRONONCE PAR S.E. Dr. YOUSEF ALSAADON,
MINISTRE
ADJOINT DES AFFAIRES ETRANGERES POUR LES
AFFAIRES ECONOMIQUES ET CULTURELLES,
CHEF
DE LA DELEGATION DU ROYAUME D’ARABIE SAOUDITE
LORS
DE LA TROISIEME CONFERENCE DES NATIONS UNIES SUR LES PAYS LES MOINS AVANCES,
Bruxelles – Belgique, le 16 mai 2001
Monsieur
le Président,
Mesdames
et Messieurs les Chefs et Membres des délégations
participantes,
J’ai
l’honneur de m’adresser à vous au nom du Royaume d’Arabie Saoudite, priant Dieu,
le Miséricordieux, qu’il couronne de succès les efforts de cette conférence
visant à adopter des positions internationales communes en vue de créer un
climat favorable à l’accomplissement de la prospérité de tous les peuples du
monde.
A
cette occasion, je tiens à remercier vivement l’Union Européenne pour avoir
accueilli la Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins
avancés ainsi que le Royaume de Belgique qui accueille cette conférence sur son
territoire et offre toutes les facilités nécessaires à sa tenue. Je voudrais également remercier Son
Excellence le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Koffi ANAN, pour
son patronage de la Conférence.
Monsieur
le Président,
Dans
le cadre des nombreux travaux de cette conférence, j’ai pu entendre pendant les
deux derniers jours, de nombreux discours et interventions. Ce qui m’étonne et
que la plus grande partie de ces derniers ont essentiellement insisté sur ce que
les pays les moins avancés doivent faire, et non pas sur ce qu’il doit être fait
pour ces pays.
Ce
qui a également retenu mon attention est l’ampleur et la quantité des conditions
que d’aucuns voudraient imposer aux pays les moins avancés. Ces conditions
peuvent êtres qualifiées d’injustes, voire d’imaginaire allant parfois jusqu'à
ignorer le principe de la souveraineté de ces pays, et aussi les principes et
les valeurs de leurs
sociétés.
La
position du Royaume d’Arabie Saoudite à ce propos est claire et inaltérable.
Elle souligne l’importance et la nécessité d’offrir l’aide inconditionnelle aux
pays les moins avancés qui s’ils sont pauvres financièrement, sont riche de part
leurs traditions, principes et civilisation.
Monsieur
le Président,
Le
Royaume d’Arabie Saoudite s’honore d’avoir été et de rester un membre efficace
dans les divers domaines d’activités des Nations Unies, et bien qu’il soit un
pays en développement, il n’épargne aucun effort et n’hésite pas à offrir son
aide et à participer aux actions de développement dans les pays en développement
et dans les pays les moins avancés.
L’aide
financière que mon pays a octroyé aux pays en développement et les moins avancés
a atteint environ 76 milliards de dollars durant la période allant de 1973 à
2000. Ce montant représente 4% de
son produit national brut annuel et ce pourcentage est le plus élevé du
monde. Cette aide inclut des aides
non remboursables et des crédits à des conditions favorables qui ont été
octroyés à 73 pays, au niveau bilatéral et multilatéral. Les pays les moins avancés ont bénéficié
d’une large partie de cette aide.
Parmi les 49 pays classés par les Nations Unies comme «pays moins
avancés », 44 ont bénéficié d’une grande partie de ces prêts. De plus, le Royaume d’Arabie Saoudite a
réussi à annuler des dettes atteignant 6 milliards de dollars. Onze pays, parmi lesquels figure un
grand nombre de pays les moins avancés, ont bénéficié de cette mesure.
Monsieur
le Président,
Notre
monde voit aujourd’hui l’apparition d’un nouveau phénomène auquel a été donné le
nom de «mondialisation ». Ce
phénomène tend à éliminer les obstacles et à réaliser la libéralisation totale
du mouvement des marchandises et des services. A ce propos, je souhaite citer Son
Altesse Royale, le Prince Abdullah Bin Abdulaziz, Prince Héritier et
Vice-Président du Conseil des Ministres, lors de son discours prononcé à
l’occasion de la Conférence au sommet des Nations Unies qui a eu lieu en
septembre 2000. S.A.R. a déclaré
que : « ce phénomène bien qu’il offre de nouvelles occasions
permettant d’augmenter les interactions entre les civilisations quant au
renforcement des relations entre les humains, on se doit de signaler que cet
aspect prometteur comporte à l’opposé un aspect négatif qu’il n’est pas permis
d’ignorer car il comporte des risques et menaces, surtout pour les sociétés
petites et pauvres dans notre communauté internationale. De nombreuses sociétés craignent la
perte de leur identité d’origine à l’ombre de l’invasion électronique. Il y a aussi d’autres sociétés qui
devront faire face au danger de la régression économique et de la faillite
totale lorsque leur faible économie devra affronter la concurrence des
économies plus fortes et bien
enracinées. »
Monsieur
le Président,
Le chemin vers le
développement des pays en développement et des pays les moins avancés n’a pas
été à l’abri des changements accélérés qu’à vécu notre monde pendant ces
dernières années avec tout ce qu’ils comportent comme impact négatif sur les
activités économiques dans ces pays et qui ont engendré un revirement aigu des
taux de croissance économique et l’augmentation du niveau de pauvreté. La part de ces pays dans le commerce
international a diminué suite aux variations importantes des prix d’exportations
des matières premières, de la baisse du volume des investissements étrangers et
de l’augmentation des dettes extérieures.
De
plus, ces pays ont beaucoup souffert des politiques protectionnistes imposées
par les pays industrialisés à l’égard de leurs exportations. La Banque Mondiale a par ailleurs évalué
le coût financier des pertes subies par les pays en développement et les moins
avancés suite à cette politique protectionniste et à la politique antidumping, à
environ 100 milliards de dollars par an.
D’autre part, le volume des aides agricoles dans les pays industrialisés
– dont la moyenne annuelle a atteint 266 milliards de dollars durant la période
de 1997 à 1999 – équivaut 5 fois au total de l’aide officielle dirigée vers les
pays en développement et les pays les moins avancés.
Monsieur
le Président,
Il
est nécessaire que les pays donateurs industrialisés exécutent leurs engagements
relatifs au soutien des actions de développement dans les pays en développement
et les moins avancés et qu’ils arrivent à réaliser le pourcentage demandé dans
le cadre de l’aide officielle, à savoir 0,07% du produit national brut. Les pays donateurs industrialisés
doivent également prendre rapidement l’initiative d’alléger les dettes de ces
pays pour leur permettre de faire face aux exigences du développement
durable.
En
outre, il est indispensable de chercher à réaliser l’intégration de tous les
pays et surtout des pays les moins avancés au sein de l’économie mondiale sur
des bases justes offrant des occasions égales afin de tirer profit des
spécificités positives de la libéralisation du commerce. Les pays industrialisés doivent tenir
compte des préoccupations de tous ces pays et en premier lieu, veiller au
respect total des engagements et des accords signés dans le cadre de
l’Organisation Mondiale du Commerce ainsi que donner l’occasion aux produits des
pays en développement et des pays les moins avancés d’avoir accès à ces marchés
d’une manière plus importante.
Monsieur
le Président,
Nous
sommes confiants que l’honorable assistance, ici présente, contribuera à obtenir
des recommandations pratiques et réalistes visant à servir les questions de
développement dans les pays les moins avancés, à intensifier la coopération
constructive entre les membres de la communauté internationale sur des bases
d’égalité et d’équilibre dans l’échange des profits, et enfin à servir les
intérêts communs dans le cadre du concept réel de l’interdépendance mutuelle
afin que la sécurité, la stabilité et la prospérité règnent dans notre
monde.
Je
vous remercie.