Allocution de M. Hama Arba Diallo
Secrétaire Exécutif
sur la lutte contre
la désertification
A l’occasion de
la Troisième Conférence des Nations Unies sur les
Pays les Moins Avancés (PMA)
Excellences,
Monsieur le Président de la Commission Européenne,
Monsieur le Secrétaire Général de la CNUCED,
Mesdames, Messieurs les représentants des Institutions Internationales,
Mesdames, Messieurs les délégués,
Il m’est très agréable de prendre la parole à l’occasion de cette
importante Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA).
Permettez-moi tout d’abord, Monsieur le Président, d’exprimer tous mes
remerciements aux autorités de la Commission européenne et à celles du Royaume
de Belgique pour leur hospitalité et les excellentes dispositions prises pour
assurer le bon déroulement de cette Conférence.
Je voudrais aussi exprimer tous mes remerciements et encouragements à Monsieur
Rubens Ricupero, Secrétaire Général de la Conférence des Nations Unies sur
le Commerce et le Développement (CNUCED), ainsi qu’à tous ses collaborateurs
pour l’excellente préparation de cette Conférence sur les PMA.
Bruxelles était connue et appréciée jusque là comme la capitale de l’Union
Européenne, elle peut légitimement revendiquer aussi, le statut privilégié de
grand centre international de conférence où des personnes de toutes origines et
de toutes cultures ont plaisir à se retrouver dans une atmosphère à la fois
studieuse et conviviale.
Monsieur le Président,
Le Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la
désertification, que j’ai l’honneur de diriger, se sent tout à fait à l’aise
dans cette rencontre des pays les moins avancés, lesquels sont également, parmi
les pays les plus affectés par les ravages de la désertification et les effets
de la sécheresse.
Les objectifs visés par la conférence sont considérés de très grande
importance pour la CCD également.
Comme vous le savez, le processus menant à l’avènement d’un développement
durable est soumis dans les pays les moins avancés touchés par la
désertification, à l’impératif d’une mise en œuvre efficace des programmes
d’action nationaux de lutte contre la désertification, conformément aux
orientations préconisées dans la Convention du même nom.
Au moment où plusieurs pays en développement arrivent précisément à la
phase de mise en œuvre de leurs programmes de lutte contre la désertification,
il y a tout lieu de penser que leurs expériences dans le cadre de la CCD
peuvent grandement contribuer à répondre aux objectifs de cette conférence.
Monsieur le Président,
Depuis l’entrée en vigueur de la Convention sur la lutte contre la désertification, il y a
maintenant bientôt cinq ans, le Secrétariat de la Convention s’est donné pour
seule et unique ambition d’aider, en priorité les pays affectés les plus
démunis de la planète, à élaborer et engager le lancement de leurs programmes
d’action nationaux, sous-régionaux et régionaux de lutte contre la désertification.
Je voudrais saisir cette opportunité pour féliciter les PMA représentés ici
pour leur effort continu, en vue de préparer ces programmes de lutte contre la
désertification, dans des conditions, on le sait, souvent très difficiles.
Les actions entreprises jusque là par ces pays sont, à mes yeux, des gages
attestant du fait que, même dans un contexte où les urgences se font
concurrence, il y a lieu de privilégier les actions durables et susceptibles de
freiner le processus d’approfondissement de la pauvreté. La lutte contre la
désertification en fait partie.
C’est ainsi que, partant des dispositions principales de la CCD et avec le
soutien de plusieurs partenaires au développement, dont - il convient de le souligner- l’Union Européenne, ces pays
ont adopté une démarche fondée sur l’approche participative, l’action
décentralisée, l’association avec les acteurs de la société civile,
particulièrement les ONG, l’examen critique des plans, projets et programmes du
passé, l’adoption de mesures institutionnelles donnant plus de cohérence aux
actions à entreprendre, la mise en place d’un cadre législatif adapté, ou
encore le lancement de processus consultatifs conduisant à la conclusion d’un
type de partenariat novateur, car basé sur un partage clair des tâches qui
incombent aux uns et aux autres.
Toutes ces actions ont été entreprises en l’espace de cinq ans dans la
majorité des PMA touchés par la désertification.
Lors de la quatrième session de la Conférence des Parties à la CCD en
décembre 2000, puis dans son prolongement, la réunion intersessionnelle du
Groupe de travail spécial chargé d’examiner la mise en œuvre de la CCD, ces
pays ont pu partager leurs expériences avec toutes les autres Parties à la CCD.
Il a été unanimement reconnu que des progrès considérables ont été
accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de la CCD dans les pays en
développement touchés par la désertification.
Monsieur le Président,
Cette expérience, nous pensons qu’il faut l’approfondir et la pérenniser.
D’où la nécessité de tout mettre en œuvre pour aider les PMA notamment, à
intégrer leurs programmes d’action de lutte contre la désertification dans le
cadre de leurs stratégies nationales de développement durable.
La CCD, c’est une démarche, une pratique souple qui permet d’assurer aux
pays touchés d’arriver à une plus grande sécurité alimentaire, la maîtrise de
la gestion de leurs ressources naturelles principales, lesquelles constituent
également les bases de la production de richesses nationales dans tous les pays
les moins avancés.
A cet égard, le Secrétariat de la CCD a facilité récemment, d’entente avec
le Secrétariat ACP et la Commission Européenne, une série de consultations
visant à intégrer les activités prioritaires des programmes de lutte contre la
désertification, dans le cadre des stratégies de coopération qui relèvent de
l’accord entre la Communauté Européenne et le groupe des Etats d’Afrique, des
Caraïbes et du Pacifique.
Nous pensons cependant, qu’il serait tout à fait indiqué de valoriser
davantage les acquis de la CCD dans le cadre des autres accords liant les PMA à
leurs principaux partenaires au développement.
Je pense en particulier au FMI, à la Banque Mondiale ainsi que toutes les
institutions financières internationales intéressées.
Notre analyse, Monsieur le Président, c’est que dans la majorité des PMA,
l’objectif d’élimination de la pauvreté ne pourra être atteint que lorsqu’on
aura correctement apprécié la dimension : lutte contre la désertification
comme un des piliers à la base des stratégies nationales de développement à
promouvoir.
Dans bien des cas, le lien entre désertification et pauvreté est si étroit
qu’il est difficile de dire avec certitude laquelle est constitutive de facteur
déclenchant.
Par conséquent, la Convention de lutte contre la désertification, qui est
avant tout une convention du développement, doit figurer au cœur des actions
principales à entreprendre par les PMA concernés.
Monsieur le Président,
Permettez-moi avant de conclure, de réitérer toute la disponibilité du
Secrétariat de la CCD, à poursuivre avec les pays les moins avancés, le travail
entrepris avec eux depuis l’entrée en vigueur de la CCD, en 1996.
Le travail à mener dans ce contexte particulier relève aussi d’une certaine
urgence, même si la lutte contre la désertification est considérée comme un
effort dont les résultats concrets s’inscrivent dans le long terme.
Je suis persuadé cependant, qu’avec l’action volontaire et continue des PMA
ainsi que le soutien permanent des partenaires engagés dans ce processus, nous
pourrons bientôt montrer que la lutte contre la désertification et celle pour
l'élimination de la pauvreté sont
interdépendantes. Le plus important me semble-t-il est que nous parvenions
ensemble à conjuguer nos efforts afin de contribuer à l’assouvissement des
principaux besoins des populations des 49 pays les moins avancés.
Je vous remercie de votre aimable attention et vous souhaite plein succès
dans vos travaux.