Allocution de M. Hama Arba Diallo

Secrétaire Exécutif de la Convention des Nations Unies

sur la lutte contre la désertification (UNCCD)

A l’occasion de
 

la Troisième Conférence des Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés (PMA)

 

Bruxelles, 14 - 20 mai 2001

 

 

Excellences,

Monsieur le Président de la Commission Européenne,

Monsieur le Secrétaire Général de la CNUCED,

Mesdames, Messieurs les représentants des Institutions Internationales,

Mesdames, Messieurs les délégués,

 

Il m’est très agréable de prendre la parole à l’occasion de cette importante Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA).

 

Permettez-moi tout d’abord, Monsieur le Président, d’exprimer tous mes remerciements aux autorités de la Commission européenne et à celles du Royaume de Belgique pour leur hospitalité et les excellentes dispositions prises pour assurer le bon déroulement de cette Conférence.

 

Je voudrais aussi exprimer tous mes remerciements et encouragements à Monsieur Rubens Ricupero, Secrétaire Général de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), ainsi qu’à tous ses collaborateurs pour l’excellente préparation de cette Conférence sur les PMA.

Bruxelles était connue et appréciée jusque là comme la capitale de l’Union Européenne, elle peut légitimement revendiquer aussi, le statut privilégié de grand centre international de conférence où des personnes de toutes origines et de toutes cultures ont plaisir à se retrouver dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale.

 

Monsieur le Président,

 

Le Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, que j’ai l’honneur de diriger, se sent tout à fait à l’aise dans cette rencontre des pays les moins avancés, lesquels sont également, parmi les pays les plus affectés par les ravages de la désertification et les effets de la sécheresse.

 

Les objectifs visés par la conférence sont considérés de très grande importance pour la CCD également.

 

Comme vous le savez, le processus menant à l’avènement d’un développement durable est soumis dans les pays les moins avancés touchés par la désertification, à l’impératif d’une mise en œuvre efficace des programmes d’action nationaux de lutte contre la désertification, conformément aux orientations préconisées dans la Convention du même nom.

 

Au moment où plusieurs pays en développement arrivent précisément à la phase de mise en œuvre de leurs programmes de lutte contre la désertification, il y a tout lieu de penser que leurs expériences dans le cadre de la CCD peuvent grandement contribuer à répondre aux objectifs de cette conférence.

 

Monsieur le Président,

 

Depuis l’entrée en vigueur de la Convention sur la  lutte contre la désertification, il y a maintenant bientôt cinq ans, le Secrétariat de la Convention s’est donné pour seule et unique ambition d’aider, en priorité les pays affectés les plus démunis de la planète, à élaborer et engager le lancement de leurs programmes d’action nationaux, sous-régionaux et régionaux de lutte contre la désertification.

 

Je voudrais saisir cette opportunité pour féliciter les PMA représentés ici pour leur effort continu, en vue de préparer ces programmes de lutte contre la désertification, dans des conditions, on le sait,  souvent très difficiles.

 

Les actions entreprises jusque là par ces pays sont, à mes yeux, des gages attestant du fait que, même dans un contexte où les urgences se font concurrence, il y a lieu de privilégier les actions durables et susceptibles de freiner le processus d’approfondissement de la pauvreté. La lutte contre la désertification en fait partie.

 

C’est ainsi que, partant des dispositions principales de la CCD et avec le soutien de plusieurs partenaires au développement, dont - il convient de  le souligner- l’Union Européenne, ces pays ont adopté une démarche fondée sur l’approche participative, l’action décentralisée, l’association avec les acteurs de la société civile, particulièrement les ONG, l’examen critique des plans, projets et programmes du passé, l’adoption de mesures institutionnelles donnant plus de cohérence aux actions à entreprendre, la mise en place d’un cadre législatif adapté, ou encore le lancement de processus consultatifs conduisant à la conclusion d’un type de partenariat novateur, car basé sur un partage clair des tâches qui incombent aux uns et aux autres.

Toutes ces actions ont été entreprises en l’espace de cinq ans dans la majorité des PMA touchés par la désertification.

 

Lors de la quatrième session de la Conférence des Parties à la CCD en décembre 2000, puis dans son prolongement, la réunion intersessionnelle du Groupe de travail spécial chargé d’examiner la mise en œuvre de la CCD, ces pays ont pu partager leurs expériences avec toutes les autres Parties à la CCD.

 

Il a été unanimement reconnu que des progrès considérables ont été accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de la CCD dans les pays en développement touchés par la désertification.

 

Monsieur le Président,

 

Cette expérience, nous pensons qu’il faut l’approfondir et la pérenniser. D’où la nécessité de tout mettre en œuvre pour aider les PMA notamment, à intégrer leurs programmes d’action de lutte contre la désertification dans le cadre de leurs stratégies nationales de développement durable.

 

La CCD, c’est une démarche, une pratique souple qui permet d’assurer aux pays touchés d’arriver à une plus grande sécurité alimentaire, la maîtrise de la gestion de leurs ressources naturelles principales, lesquelles constituent également les bases de la production de richesses nationales dans tous les pays les moins avancés.

 

A cet égard, le Secrétariat de la CCD a facilité récemment, d’entente avec le Secrétariat ACP et la Commission Européenne, une série de consultations visant à intégrer les activités prioritaires des programmes de lutte contre la désertification, dans le cadre des stratégies de coopération qui relèvent de l’accord entre la Communauté Européenne et le groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 

Nous pensons cependant, qu’il serait tout à fait indiqué de valoriser davantage les acquis de la CCD dans le cadre des autres accords liant les PMA à leurs principaux partenaires au développement.

 

Je pense en particulier au FMI, à la Banque Mondiale ainsi que toutes les institutions financières internationales intéressées.

Notre analyse, Monsieur le Président, c’est que dans la majorité des PMA, l’objectif d’élimination de la pauvreté ne pourra être atteint que lorsqu’on aura correctement apprécié la dimension : lutte contre la désertification comme un des piliers à la base des stratégies nationales de développement à promouvoir.

 

Dans bien des cas, le lien entre désertification et pauvreté est si étroit qu’il est difficile de dire avec certitude laquelle est constitutive de facteur déclenchant.

 

Par conséquent, la Convention de lutte contre la désertification, qui est avant tout une convention du développement, doit figurer au cœur des actions principales à entreprendre par les PMA concernés.

 

Monsieur le Président,

 

Permettez-moi avant de conclure, de réitérer toute la disponibilité du Secrétariat de la CCD, à poursuivre avec les pays les moins avancés, le travail entrepris avec eux depuis l’entrée en vigueur de la CCD, en 1996.

 

Le travail à mener dans ce contexte particulier relève aussi d’une certaine urgence, même si la lutte contre la désertification est considérée comme un effort dont les résultats concrets s’inscrivent dans le long terme.

 

Je suis persuadé cependant, qu’avec l’action volontaire et continue des PMA ainsi que le soutien permanent des partenaires engagés dans ce processus, nous pourrons bientôt montrer que la lutte contre la désertification et celle pour l'élimination de la pauvreté  sont interdépendantes. Le plus important me semble-t-il est que nous parvenions ensemble à conjuguer nos efforts afin de contribuer à l’assouvissement des principaux besoins des populations des 49 pays les moins avancés.

 

Je vous remercie de votre aimable attention et vous souhaite plein succès dans vos travaux.