DEV/BRU/1

Décideurs politiques et financiers, chefs des grandes institutions
internationales, maires, parlementaires et représentants de la société civile
réunis à Bruxelles du 14 au 20 mai, à l’occasion de la troisième Conférence
des Nations Unies pour les pays les moins avancés, vont se pencher sur la situation
des 49 pays les plus faibles et les plus vulnérables du monde et où une grande
partie de la population vit avec moins de un dollar par jour.
La Conférence qui sera accueillie par l'Union européenne au Siège
du Parlement européen et qui est organisée sous l'égide de la Conférence des
Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), identifiera les
actions qui permettront de faire sortir ces pays de leur isolement. Les travaux doivent aboutir à l'adoption d'un
programme d'action pour le développement durable des PMA, 2001-2010.
«C’est tout simplement dans l’avenir des plus démunis que se joue
le bien-être de l’humanité», souligne le Secrétaire général, M. Kofi Annan,
dans un message publié à l’occasion de la Conférence. Moins d’un an après le
Sommet du Millénaire tenu à New York, au cours duquel les dirigeants de la planète
ont reconnu qu’ils étaient collectivement
«tenus de défendre, au niveau mondial, les principes de la dignité humaine,
de l’égalité et de l’équité», la réunion de Bruxelles offre une occasion unique
de conclure le nouveau pacte mondial préconisé par le Secrétaire général pour
aider les pays les moins développés à prendre un nouveau départ et rattraper
le reste du monde.
C’est sur le thème de l’«éradication de la pauvreté», devenu prioritaire
pour la communauté internationale, que se tiendra un segment de haut niveau
suivant immédiatement la séance inaugurale. Outre l’élaboration du programme
d’action 2001-2010, les participants réfléchiront ensuite aux recettes avancées
dans le passé pour le développement économique des PMA. Ils plancheront notamment
sur l’allègement de la dette, le potentiel de capitaux privés, l’efficacité
de l’aide, les moyens de stimuler les investissements, l’ouverture des marchés
aux produits des PMA. Ils formuleront
de nouvelles stratégies orientées vers l’action.
Les participants auront également l’occasion
de procéder à des échanges d’idées au cours de sessions interactives organisées
durant toute la semaine et qui porteront sur les 12 thèmes suivants: gouvernance,
paix et stabilité sociale; développement des capacités de production dans le
secteur de l'agriculture et de la sécurité alimentaire; propriété intellectuelle
comme outil de création de richesse; rôle de la santé dans le développement
des capacités de production; éducation; commerce international, produits de
base et services; énergie; rôle des investissements
et du développement des entreprises dans le développement des capacités productives;
mise en valeur des ressources humaines et emploi; développement des infrastructures;
transports; et financement de la croissance et du développement.
Les pays présenteront des initiatives concrètes au cours de ces sessions. Parallèlement au volet intergouvernemental, auront lieu des évènements
animés par différents acteurs de la société civile dont le premier sera une
table ronde de haut niveau réunissant des Parlementaires. Elle sera suivie d'une réunion de Maires ayant
pour thème "la coopération de ville à ville". Les autres évènements seront une table ronde
sur les migrations et les réfugiés; une rencontre de jeunes entrepreneurs; un
débat sur l'économie numérique; un forum des jeunes et un forum de femmes entrepreneurs.
Le Forum ONG se tiendra du 10 au
20 mai, à la
Maison de l’Europe, à quelques minutes du lieu de la Conférence.
Historique des Conférences des Nations Unies
sur les PMA
C'est pour répondre aux besoins spécifiques d'une catégorie de
pays qui se distinguaient à la fois par le niveau de pauvreté de leur population
et la faiblesse de leurs ressources économiques, institutionnelles et humaines,
que les Nations Unies ont organisé leur première Conférence sur les pays les
moins avancés (PMA) à Paris en 1981. Une deuxième Conférence fut organisée de
nouveau à Paris en 1990, qui adopta le "Programme d'action pour les années
1990" dont l'objectif était d’accélérer la croissance de ces pays tout
en les mettant sur la voie d'un développement durable.
Depuis l'adoption du Programme d'action pour les années 90, les
changements survenus au niveau international, dont notamment le double processus
de la mondialisation et de la libéralisation, se sont conjugués avec pour principale
conséquence négative la réduction des ressources financières dont auraient pu
disposer les PMA pour appuyer leurs réformes intérieures et soutenir leur développement.
Dans 32 d’entre eux, le niveau de vie a même reculé.
C'est dans ce contexte que l'Assemblée générale de l'ONU a décidé de
convoquer la Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés.
L'Assemblée notait avec préoccupation la marginalisation persistante
des PMA, la réduction des flux de ressources de financement du développement,
et leur grave problème d'endettement. Pour
le Secrétaire général, M. Kofi Annan, "marginalisés par la mondialisation
et exclus de ses bénéfices, les habitants des pays pauvres mènent une lutte
inégale contre la pauvreté la plus abjecte.
La Conférence de Bruxelles doit être le point tournant du combat contre
cette pauvreté déshumanisante."
Situation actuelle et perspectives d'avenir
pour les PMA
Près de 630 millions de personnes peuplent les 49 PMA. 43% d'entre elles n'ont pas accès à l'eau potable,
et 50% sont analphabètes. L'espérance
de vie moyenne est de 51 ans dans les PMA, dont le nombre est passé de 25 à
49 au cours des 30 dernières années.
Les processus nationaux de préparation de la Conférence de
Bruxelles ont permis d'identifier une série de mesures à prendre pendant la
décennie 2001-2010. Le secrétariat de
la Conférence a résumé ces recommandations dans lesquelles les pays ont proposé
que soient encouragées des actions axées sur le renforcement des capacités des
populations pour pallier le sous-développement, qui est caractérisé par le
manque de moyens humains et institutionnels, la pénurie de ressources financières
intérieures et la gestion inefficace des affaires publiques.
Le processus préparatoire de la Conférence a conclu que les PMA
devaient améliorer le recouvrement de leurs impôts et élargir leur assiette
fiscale tout en contenant leurs déficits budgétaires nationaux par la privatisation
de leurs entreprises publiques non rentables. Des recommandations relatives à l'amélioration
du cadre économique afin d'attirer l'investissement étranger et encourager
les transferts de l'étranger venant de leurs travailleurs migrants, ont aussi
été avancées. Parmi d’autres mesures
figurent la promotion de l'initiative privée, de l'investissement et du développement
des entreprises, et l'établissement de partenariats solides entre les pouvoirs
publics et la société civile.
Le processus préparatoire de la Conférence a aussi permis d'identifier
les échanges commerciaux comme une des principales sources potentiellement
génératrices de revenus qui pourront être orientés vers le financement du
développement et la lutte contre la pauvreté.
Ainsi, l'intégration des PMA à la mondialisation, qui est l'un
des objectifs majeurs de la Conférence de Bruxelles, serait facilitée par
un accès total et consolidé en franchise et hors contingent de tous les produits
des PMA sur les marchés des pays développés, ont souligné les PMA qui ont
aussi demandé que soient discutés un assouplissement et plus de transparence
dans les mécanismes de mesures sanitaires ou phytosanitaires qui pénalisent
certaines de leurs exportations. Des
appels ont également été lancés pour un accroissement de l'aide publique au
développement et pour une action visant un allégement plus poussé de la dette.
Liste des pays les moins avancés
Les 49 pays dont la liste figure ci-dessous sont classés par l'Organisation
des Nations Unies comme faisant partie des PMA : Afghanistan, Angola, Bangladesh,
Bénin, Bhoutan, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cap-Vert, Comores, Djibouti,
Erythrée, Ethiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Haïti,
Iles Salomon, Kiribati, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali,
Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Népal, Niger, Ouganda, République centrafricaine,
République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, République-Unie
de Tanzanie, Rwanda, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie,
Soudan, Tchad, Togo, Tuvalu, Vanuatu, Yémen, Zambie.
Organe intergouvernemental
permanent, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
(CNUCED) est le principal organe de l’Assemblée générale de l’ONU chargé du
commerce, des investissements et du développement.
La CNUCED est le principal interlocuteur, au sein de l’Organisation,
des pays les moins avancés (PMA). Le
Secrétaire général de la CNUCED, M. Rubens Ricupero, sera le Secrétaire général
de la Conférence de Bruxelles.