sur les pays les moins avancés
Communiqué final
20 mai 2001
CLOTURE DE PMA III : LA CONFERENCE CONSACRE LES PRINCIPES DU PARTENARIAT RENFORCE ET DE LA CORESPONSABILITE DANS LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
« Nous
reconnaissons que les pays les moins avancés (PMA) sont eux-mêmes responsables
de leur développement mais que leurs efforts doivent être appuyés au niveau
international par les gouvernements et les organisations internationales dans
un esprit de coresponsabilité, par le biais de véritables partenariats,
notamment avec la société civile et le secteur privé ». Ces termes, extraits de la Déclaration
politique* adoptée par les 193 gouvernements représentés à la Troisième
Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés – PMA III,
traduisent l’esprit qui a présidé aux travaux lancés le 14 mai, par le
Secrétaire général de l’ONU et le Président de l’Assemblée générale aux côtés
du Président de la France, du Premier Ministre de la Belgique, de la Présidente
du Parlement européen et du Président de la Commission européenne. Au total, PMA III a réuni plus de 6 500
participants, représentant les gouvernements, la société civile et le secteur
privé.
Accueillie par l’Union
européenne, PMA III s’est achevée, cet après-midi, avec l’adoption de la
Déclaration politique et d’un Programme d’action décennal 2001-2010 énumérant
des actions propres à matérialiser les intentions contenues dans le premier
document. L’objectif du Programme
d’action est d’obtenir, par le biais d’un partenariat mondial renforcé, des
progrès substantiels en vue de réduire de moitié la pauvreté extrême d’ici
2015. La croissance économique étant
perçue comme un élément essentiel de l’élimination de la pauvreté, le Programme
d’action fixe le taux de croissance du PIB des PMA nécessaire à 7% par an et le
ratio annuel investissements-PIB à 25%.
Pour ce faire, la société civile, y compris le secteur privé, est perçue
comme un participant important.
En sept engagements, le
Programme d’action énumère donc des actions à mener par les PMA et leurs partenaires
de développement dans les domaines de la promotion d’une action axée sur la
population; de la bonne gouvernance aux niveaux national et international;
du renforcement des capacités humaines et institutionnelles; de la mise en
place des capacités de production nécessaires à l’intégration des PMA dans
la mondialisation; du renforcement du rôle du commerce dans le développement;
de la réduction de la vulnérabilité à l’environnement; et des ressources financières.
Le Programme prévoit aussi que l’Assemblée générale mette au point
des mécanismes de suivi, de surveillance et d’examen.
La bonne gouvernance aux niveaux
national et international est reconnue dans le Programme d’action comme un
élément important de développement et à ce titre, l’instauration d’un cadre
institutionnel, juridique et réglementaire dans les PMA afin de renforcer
l’état de droit et encourager une participation réelle au développement de tous
les acteurs nationaux et locaux, est jugée essentielle; les partenaires de
développement étant appelés à fournir une assistance financière pour le
renforcement des capacités humaines et institutionnelles nécessaires à cette
bonne gouvernance. S’agissant, en
particulier des capacités humaines, le Programme d’action appelle à une
application de l’initiative 20/20 sur « la base d’un accord et d’un
engagement mutuel des donateurs et des PMA ». Là, le secteur privé est invité à compléter la fourniture par le
secteur public d’infrastructures et de services sociaux dans le cadre d’une
réglementation appropriée.
Source de mobilisation de ressources aux fins de la lutte contre
la pauvreté, le commerce occupe une place dans le Programme d’action. Ainsi, l’adoption par l’ONU, les
institutions de Bretton Woods et l’OMC de mesures cohérentes, parallèlement à
celles qu’adopteront les gouvernements est reconnue comme l’un des éléments
essentiels d’une réforme du système commercial international. Pour promouvoir le commerce dans sa
dimension touchant au développement, les gouvernements s’engagent d’ailleurs,
dans la Déclaration politique, à mettre à profit la quatrième réunion
ministérielle de l’OMC, à Doha en novembre 2002. Ils se pencheront certainement alors sur la mise en œuvre des
recommandations contenues dans le Programme d’action concernant l’amélioration
de l’accès préférentiel des PMA aux marchés développés par une admission en
franchise et hors contingent de tous leurs produits.
Au titre de la mobilisation des ressources extérieures,
l’importance de l’aide publique au développement (APD) et de l’allègement de la
dette pour appuyer les stratégies de lutte contre la pauvreté a été
réaffirmée. A cet égard, dans la
Déclaration politique, les gouvernements s’engagent à profiter de la Conférence
sur le financement du développement qui se tiendra en mars en 2002 à Monterrey
au Mexique, pour mobiliser des ressources en faveur du développement. En attendant, le Programme d’action rappelle
aux partenaires de développement l’engagement visant à consacrer 0,20% de leur
PNB à l’aide (APD), en demandant à ceux qui se sont engagés à atteindre l’objectif
de 0,15% à le faire dans les cinq ans à venir.
En ce qui concerne la dette extérieure, le Programme d’action contient
des appels à un financement rapide de
l’Initiative PPTE en faveur des pays pauvres très endettés; à une
participation des créanciers publics autres que le Club de Paris aux mesures
d’allègement; et à l’annulation de la totalité de la dette publique bilatérale
des PMA « à condition qu’ils fassent la preuve de leur volonté de réduire
la pauvreté ».
Après les Conférences des Nations Unies
sur les PMA de 1980 et de 1990, la Conférence des Nations Unies sur le commerce
et le développement (CNUCED), organisatrice de PMA III, a jugé bon, pour
susciter l’émulation nécessaire, de bouleverser un peu l’ordre des choses. Comme l’a expliqué le Secrétaire général de
la CNUCED et de PMA III, M. Rubens Ricupero « La CNUCED a donc proposé de
placer le processus intergouvernemental au centre de la Conférence tout en
lançant un autre processus rassemblant des organisations internationales afin
de les inciter à identifier les problèmes dans un cadre informel ».
La participation à la Conférence a également été élargie à la
société civile et au secteur privé.
Ainsi dans le cadre des déclarations générales des délégations, mais
aussi de sessions thématiques interactives et de réunions parallèles plusieurs
propositions d’actions concrètes « deliverables » ont pu être
annoncées. D’abord, pour illustrer le
rôle attribué à l’investissement étranger dans le développement, 29 accords
bilatéraux pour la promotion et la protection des investissements ont été
signés entre neuf PMA et l’Union économique belgo-luxembourgeoise, trois pays
en développement et un pays à économie en transition, sous l’égide de la
CNUCED. Cette dernière a également
annoncé le lancement d’un programme « juristes internationaux pour la
coopération commerciale multilatérale ».
Les maires ont profité de la réunion organisée à leur intention
pour annoncer la Déclaration sur la coopération « ville à ville »
portant création d’un mécanisme de coopération triangulaire de ville à ville
mobilisant les autorités locales, les citoyens et les institutions de
financement internationales. Pour leur
part, les jeunes entrepreneurs ont présidé au lancement de l’Université
mondiale du commerce, parrainée par l’Université de York au Canada, qui
dispensera un enseignement supérieur adapté aux entrepreneurs et décideurs des
PMA, des pays en développement et des pays à économie en transition.
L’Organisation internationale des migrations (OIM) a annoncé plusieurs
actions dont une visant à renforcer les capacités institutionnelles des
PMA dans la gestion des flux
migratoires. De son côté, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture (FAO) a proposé la création d’un mécanisme financier, doté
d’une enveloppe de 98 millions de dollars, pour améliorer la qualité et la
sécurité sanitaire des produits alimentaires des PMA.
Déclarations de clôture
M. ABDUL JALIL (Bangladesh), pays coordonnateur des PMA, a salué
l’adoption du Programme d’action qui représentera une excellente base d’action
pour la décennie 2001-2010. Il a
réitéré la responsabilité première des PMA pour ce qui est de leur
développement mais a ajouté que les partenaires de développement devront
également garantir, par leur coopération, que les objectifs du Programme
d’action sont traduits dans la réalité.
Il a souhaité que toutes les organisations du système des Nations Unies
intègrent les questions relatives aux PMA dans tous leurs travaux. Le processus de mise en œuvre et de suivi du
Programme doit commencer dès la fin de cette conférence car les 630 millions
d’habitants des PMA espèrent que, cette fois-ci, leurs pays pourront s’intégrer
à l’économie mondiale, a-t-il ajouté.
Mme GIOIA SCAPPUCCI (Saint-Siège) a déclaré que la position du
Saint-Siège concernant la famille et les droits de reproduction, en autres la
planification familiale, n’a pas chargé depuis la Conférence sur le
développement et la population du Caire et celle qui a été organisée cinq ans
plus tard. Elle a souligné que les
populations des PMA sont au centre des préoccupations du Saint-Siège.
M. BAGHER ASADI (Iran) a remercié, au nom du Groupe des 77 et de
la Chine, l’Union européenne d’avoir accueilli la Conférence PMA III. Le Programme d’action va dans la bonne
direction, a-t-il dit, nous aurions aimé qu’il soit beaucoup plus tourné vers
l’action. Le Groupe des 77 et la Chine
attendra avec impatience le rapport du Secrétaire général à l’Assemblée
générale sur la mise en œuvre des mécanismes de suivi de cette Conférence.
M. GUANGXIANG SUN, Vice-Ministre du commerce de la Chine, a dit que les pays développés doivent respecter les engagements pris dans le cadre du Programme d’action. Pays en développement, la Chine fournira dans le cadre de la coopération Sud-Sud toute l’assistance dont elle est capable aux PMA en vue de les aider à s’intégrer à l’économie mondiale et à surmonter la pauvreté.
Prenant
la parole après l’adoption de la « Déclaration de Bruxelles » sur les
PMA, M. JOHN CUDDY, Secrétaire exécutif de la Conférence, a fait un bref
résumé des travaux de PMA III et s’est
félicité de la teneur des discussions qui se sont tenus pendant une semaine
sous forme de débats interactifs et d’évènements parallèles réunissant des
délégations de gouvernements, le secteur et la société civile. Il a rappelé certains des engagements pris
par les pays donateurs dans des secteurs aussi variés que les infrastructures,
les transports, la valorisation des ressources humaines, l’accès aux marchés
des produits des PMA, les investissements, l’éducation, et la réduction du
fossé numérique. Dans ce dernier
secteur, les donateurs ont promis la création d’un module de gestion numérique
des projets relatifs au développement du tourisme. Les partenaires du développement se sont en particulier engagés à
faciliter la conception de projets mettant à contribution à la fois les
gouvernements, les institutions internationales et le secteur privé. Le secteur agricole a reçu un engagement
relatif à la création d’un fonds fiduciaire, dont les ressources permettront à
la fois l’amélioration de la production, et la formation et le perfectionnement
des travailleurs agricoles des PMA.
Concernant la fourniture de médicaments, un mécanisme de fixation de
prix permettant leur accès au plus grand nombre de personnes sera créé. L’amélioration des conditions de santé des
populations des PMA, condition
essentielle de l’amélioration de leur productivité, bénéficiera de ce
mécanisme. La promotion de la bonne
gouvernance a été jugée essentielle au développement durable, et a été soutenue
à la fois par les pays donateurs et par les PMA et les représentants de la
société civile et du secteur privé présents à la Conférence.
Mme GUN-GRITT ANDERSSON (Suède), au
nom de l’Union européenne, s’est réjouie que la coopération entre les
participants à la Conférence ait abouti à l’adoption d’un programme d’action
fort.
M. MCHUMO, Rapporteur de la Conférence,
a passé en revue les questions d’organisation et les informations sur la
participation à la Conférence contenues dans le document L.16.
M. BOUTROS BOUTROS-GHALI, s’exprimant au
nom de l’Organisation internationale de la Francophonie, a déclaré que
tout vaut mieux que l’indifférence, l’égoïsme et le désengagement de la
communauté internationale. Si le monde
est devenu un immense village planétaire où circulent les informations et les
idées, cela a une contrepartie et on ne peut plus s’abstraire des catastrophes
et du malheur humain sous couvert d’ignorance.
Cette troisième Conférence aura été, pour la première fois, l’occasion
de rassembler l’ensemble des acteurs du développement, parmi lesquels les
acteurs de la société civile. Nous ne
sommes qu’au début d’un processus et il nous faudra encore réfléchir aux moyens
de rendre effective cette participation nouvelle. M. Boutros Boutros-Ghali a déclaré qu’il faut démocratiser la
mondialisation avant qu’elle ne dénature la démocratie. Il a appelé à jeter un regard lucide sur la situation des PMA et
admettre qu’il faut libérer les pays en développement de la dette de manière à
ce qu’ils puissent se consacrer au développement. Il faut répondre par l’investissement aux réformes entreprises
par les PMA. Il faut avoir la lucidité
de voir qu’aider les autres, c’est s’aider soi-même. Il faut avoir la lucidité de voir que l’Afrique devient de plus
en plus intransigeante sur elle-même et que les Africains eux-mêmes s’imposent
une autocritique sans concession. Il
faut admettre que la mondialisation ne doit pas être l’uniformisation et que le
progrès n’est pas de vouloir devenir ce que l’on n’est pas en reniant ce que
l’on est profondément. Au contraire, le
progrès, c’est d’exalter sa diversité, sa culture, sa langue et ses arts. C’est ainsi que l’on verra que les pays les
plus pauvres sont aussi les plus riches et ont un formidable potentiel
d’imagination et de créativité, a estimé M. Boutros Boutros-Ghali. Parce que les plus petits projets sont en
dernière analyse plus précieux que les meilleures intentions.
La représentante du Forum des ONG
africaines a dit que les ONG soutiennent une politique prenant en compte
les droits de la personne humaine, qui comprennent les droits des
travailleurs. Les ONG auraient voulu
voir une référence claire et explicite aux droits des travailleurs et aux normes
du travail dans le Programme d’action et la Déclaration finale. La communauté internationale doit s’engager
fermement et définir des politiques garantissant l’accès de toutes les
populations aux médicaments essentiels et au traitement du VIH/sida. Nous soutenons que l’annulation complète de
la dette est la condition majeure de la relance économique dans les PMA. Quant à la gouvernance, il est nécessaire de
développer un cadre de gestion des affaires publiques qui soit transparent et
responsable, tant dans les pays du Nord que dans ceux du Sud.
Intervenant après elle, M. EDDY BOUTMANS, Secrétaire
d’Etat à la coopération et au développement de la Belgique, a estimé que
l’un des succès de PMA III est d’avoir
permis à des personnes venant de régions diverses de se rencontrer et
d’échanger leurs expériences même en dehors des réunions formelles. Placée sous le signe des partenariats, le
Programme d’action de PMA III permettra sans doute de poser des actions concrètes
de développement dans les pays les plus pauvres. Tout ceci ne serait pas possible sans l’ONU, qui, bien que
souvent critiquée, a démontré qu’elle était le seul cadre où l’on puisse
prendre la défense des 600 millions de pauvres qui habitent les PMA. Le lien entre la lutte contre la pauvreté et
le respect de l’environnement a été plusieurs fois répété au cours de cette
rencontre, et nous avons aussi relevé que ce sont les pauvres qui,
majoritairement souffrent des conséquences de la dégradation de la nature.
PMA
III nous a aussi ouvert les yeux sur la nécessité de respecter les règles des
marchés, dont les pays riches, qui en réclament tous les jours l’ouverture aux
autres, ne respectent cependant pas eux-mêmes les règles.
M. POUL NIELSON, Commissaire européen
au développement et à l’aide humanitaire, a estimé qu’il existait une
convergence de vues au niveau international sur la manière dont les problèmes
des PMA pourraient être résolus. La
bonne gouvernance est la première condition du développement. La lutte contre la corruption, les conflits
internes et les rivalités régionales sont reconnues comme des mesures
indispensables. Les travaux de la
Conférence sont parvenus, selon nous, à des résultats satisfaisants, et
plusieurs pays donateurs ont clairement exprimé des engagements en faveur
d’actions concrètes. Nous sommes aussi
satisfaits de la participation du système de l’ONU, de la Banque mondiale et de
l’OMC à cette Conférence. Nous pensons
que le lancement d’un nouveau cycle de négociations commerciales à Doha au
Qatar devra pleinement tenir compte des intérêts des PMA dont l’intégration à
la mondialisation est nécessaire. La
pauvreté est une insulte à la personne humaine et nous devons redoubler
d’efforts pour la combattre.
M. JOHN ALEXANDER CORRIE, s’exprimant au nom de Mme NICOLE FONTAINE, Présidente du Parlement européen, a déclaré que les engagements qui ont été exprimés ces derniers jours n’étaient qu’une première étape et l’Union européenne est clairement déterminée à agir concrètement pour aider le développement des PMA et les aider à lutter contre l’épidémie de VIH/sida. Ces gestes devront s’accompagner d’une nouvelle attitude, tenant compte des erreurs passées. Nous devrons garder les pieds sur terre et mieux vaut fixer des objectifs modestes mais réalisables, a-t-il estimé. Il est caractéristique de notre époque que les actions de lutte contre la pauvreté relèvent de plus en plus d’organes internationaux. Ceci fait toutefois que les mécanismes participatoires des parlements nationaux ne sont pas adaptés pour traduire les objectifs internationaux en réalité. M. Corrie a estimé qu’une participation accrue des représentants élus est indispensable, par exemple dans le cadre d’un organe mondial. Il ne fait aucun doute que le succès de la Conférence sera jugé par les initiatives qui seront prises afin de répondre aux aspirations qui y ont été exprimées par des actions concrètes.
M. RUBENS RICUPERO, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et Secrétaire de PMA III, a déclaré que la Conférence qui s’achève, a déjà permis de progresser dans des domaines vitaux. Malheureusement, beaucoup d’autres décisions dont les ONG ont parlé n’ont pas pu être prises. Considérant les circonstances actuelles, les résultats sont-ils satisfaisants? Malheureusement, non. Nous savions que la situation en matière de coopération au développement ne permettrait pas d’avancées marquantes en ce qui concerne la dette, l’aide publique au développement ou le commerce. Dans ce cas, que pouvait-on faire? a-t-il poursuivi. Selon lui, trois attitudes étaient possibles. Les deux premières étaient la confrontation ou la résignation qui ne mènent nulle part et auraient été dangereuses. La CNUCED a tenté de rechercher une troisième manière de progresser, de rechercher de nouvelles méthodes. S’il n’y avait pas, à ce stade, de consensus ou de volonté politique pour aller au-delà de ce qui est fait, il fallait en susciter davantage. La CNUCED a donc proposé de placer le processus intergouvernemental au centre de la Conférence tout en lançant un autre processus, dans un cadre informel non lié à l’adoption d’un document final rassemblant des organisations internationales afin de les inciter à identifier les problèmes, concrets, tangibles et à proposer des solutions pratiques. Les propositions d’action qui ont été présentées, même si elles sont modestes, seront utiles et permettront de donner l’espoir à ceux qui n’en avaient plus. La participation à la Conférence a également été élargie à la société civile et au secteur privé. Des femmes chefs d’entreprise et de jeunes entrepreneurs, des parlementaires et des chefs d’entreprise des PMA ont participé à ces travaux. En conclusion, M. Ricupero a loué toutes ressources culturelles et historiques des PMA qui démontrent qu’ils ne se contentent pas de recevoir mais ont aussi beaucoup à donner.
Dans ses remarques de clôture, M. LEIF PAGROTSKY, Ministre du commerce de la Suède, pays assurant la présidence de la Troisième Conférence des Nations Unies sur les PMA, a dit que le Programme d’action adopté était un bon instrument de lutte contre la pauvreté des PMA. Nous devons désormais nous mettre à la tâche pour donner une chance à chaque enfant, femme et homme des PMA. Sans cette Conférence, a poursuivi le Président, l’Union européenne n’aurait sans doute pas pris, en cette période, la mesure qu’elle a adoptée en faveur de l’accès des produits des PMA à ses marchés. Un des grands résultats de PMA III est la promesse d’éliminer l’aide liée en vue de permettre aux financements d’aide publique d’être investis dans les pays pauvres au profit de leurs propres activités économiques. Toutes les propositions avancées et les engagements pris lors de cette Conférence ont pour but d’améliorer la vie des populations des pays pauvres.
L’initiative de la création d’un fonds contre le VIH/sida proposée par
M. Kofi Annan, Secrétaire général de l’ONU, a été intégrée dans nos débats et a été enrichie grâce aux débats sur la santé que nous avons tenus. Le nouveau cycle de négociations commerciales prévu à Doha au Qatar, doit être un cycle de négociations commerciales pour le développement. La majorité des pays de l’OMC sont des pays en développement. Il est temps qu’ils fassent entendre leur voix et qu’on respecte leurs droits en matière de négociations. Quelqu’un a dit que l’OMC était une espèce de Conseil de sécurité dont tous les membres auraient un droit de veto. Il est temps que ce droit soit reconnu. La cohérence, la coordination et la coopération devront sortir renforcés de cette Conférence, si nous voulons atteindre l’objectif fixé par le Sommet du millénaire de réduire de moitié le nombre de pauvres d’ici à 2015. En matière financière, les questions qui ont été posées ou discutées au cours de PMA III devront trouver des réponses claires au cours de la Conférence internationale sur le financement du développement de Monterrey, au Mexique.
Le Programme d’action jette les bases d’un partenariat mondial renforcé dont l’objectif primordial est d’obtenir des progrès substantiels en vue de réduire de moitié la proportion de personnes vivant dans l’extrême pauvreté d’ici 2015. A cette fin, les PMA, avec le soutien de leurs partenaires de développement, s’efforceront d’atteindre un taux de croissance du PIB d’au moins 7% par an et de porter leur ratio annuel investissements-PIB à 25%. A cet égard, la société civile, y compris le secteur privé, sont perçus comme des participants importants. Le Programme d’action souligne que l’élimination de la pauvreté exige une perspective élargie, tenant compte non seulement des aspects purement économiques du problème, mais aussi de ses dimensions sociales, humaines et environnementales.
Partant, les politiques nationales des PMA et l’appui extérieur de leurs partenaires, au cours de la décennie, seront notamment axés sur les priorités suivantes : mise en valeur des ressources humaines et institutionnelles; suppression des obstacles à la production et renforcement des capacités productives et promotion de l’expansion des marchés intérieurs; accélération de la croissance des PMA en vue d’accroître leur part dans le commerce mondial et les flux internationaux de capitaux et d’investissements ; protection de l’environnement; réalisation de la sécurité alimentaire et réduction de la malnutrition.
En sept engagements, le Programme d’action national définit les domaines d’action des PMA et de leurs partenaires de développement. En vue de parvenir à l’élément essentiel à la mise en œuvre du Programme qu’est la Bonne gouvernance aux niveaux national et international, il est notamment prévu que les PMA poursuivent les efforts en vue d’instaurer un cadre institutionnel, juridique et réglementaire afin de renforcer l’état de droit et d’encourager une participation réelle au développement, en coopération étroite, de tous les acteurs nationaux et locaux. Ils auront notamment à intensifier les efforts de lutte contre la corruption et les actes de corruption. De leur côté, les partenaires de développement, entre autres, sont appelés à fournir une assistance financière pour le renforcement des capacités humaines et institutionnelles nécessaires à une bonne gouvernance.
La question du renforcement des capacités humaines est reprise dans l’engagement intitulé « Encourager une action axée sur la population » qui prône notamment l’égalité d’accès aux ressources productives et aux services sociaux et services de santé et d’éducation. A cette fin, les PMA sont appelés à améliorer les liens entre les différentes activités économiques, en particulier entre l’agriculture et les micro et petites entreprises et à intégrer les réformes sectorielles aux objectifs de développement de plus vaste portée. De leur côté, les partenaires de développement sont appelés à lancer des campagnes d’information pour mobiliser l’opinion publique en faveur de la cause du développement des PMA.
L’engagement précédent trouve un écho dans celui du Renforcement des capacités humaines et institutionnelles, qui appelle à des efforts de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, ainsi qu’à une reconnaissance en tant que priorité immédiate, des répercussions sociales et économiques. Ainsi, il est dit que l’initiative 20/20 doit être appliquée sur la base d’un accord et d’un engagement mutuels des donateurs et des PMA. Partant, il est demandé aux PMA de créer des conditions favorables à l’investissement dans le secteur social et d’encourager le secteur privé à compléter la fourniture par le secteur public d’infrastructures sociales et de services sociaux dans le cadre d’une réglementation appropriée. Pour leur part, les partenaires de développement devront contribuer à une plus grande efficacité du secteur social en réduisant les coûts de transaction liés à l’aide.
Le Programme d’action reconnaissant l’intégration des PMA comme un moyen de mobiliser des ressources aux fins de la lutte contre la pauvreté, un engagement concerne la Mise en place des capacités de production nécessaires pour que les PMA bénéficient de la mondialisation. Aux termes de ce dernier, les PMA et leurs partenaires de développement devront s’employer prioritairement à surmonter les obstacles structurels. Les financements indispensables à cet égard devront être obtenus par la mobilisation des ressources intérieures, l’investissement étranger direct et l’augmentation de l’APD.
Parmi les mesures que devront prendre les PMA, est relevé l’appui au renforcement de l’infrastructure matérielle dans les secteurs essentiels – infrastructure rurale, transports, énergie, télécommunications, technologies de l’information et de la communication, eau, etc. – en encourageant notamment une augmentation de l’investissement privé. Les PMA devront, dans ce cadre, renforcer leurs capacités d’offre et promouvoir les liaisons interentreprises; investir dans des programmes locaux de recherche développement, et encourager l’utilisation des technologies nouvelles, notamment Internet. La facilitation de partenariats entre le secteur public et le secteur privé est recommandée de même qu’une augmentation des investissements dans l’agriculture et un renforcement des programmes d’infrastructure économique et sociale en zone rurale. L’accroissement des investissements publics pour favoriser la modernisation du secteur manufacturier est également demandé.
De leur côté les partenaires de développement aideront les entreprises des PMA à établir avec les entreprises des pays développés des liens qui puissent jouer un rôle catalyseur dans le développement technologique des PMA. Parmi les autres actions à prendre par les partenaires de développement est prévu le transfert d’écotechnologies à des conditions favorables, notamment concessionnelles ou préférentielles, dans le secteur des industries manufacturières et des industries de transformation. Une série de mesures sont prévues en faveur du tourisme qui est l’un des rares secteurs économiques ayant permis au PMA d’accroître leur participation à l’économie mondiale.
Partant pour Renforcer le rôle du commerce dans le développement l’adoption par l’Organisation des Nations Unies, les institutions de Bretton Woods et l’Organisation mondiale du commerce de mesures cohérentes, parallèlement à celles qu’adopteront les gouvernements, est reconnue comme l’un des éléments essentiels d’une réforme d’ensemble. Le Programme d’action comprend une série de mesures à prendre ayant trait au commerce, aux produits de base et aux accords commerciaux régionaux. Ainsi, il est prévu que les PMA renforcent leurs capacités dans le domaine de la politique commerciale et les domaines connexes – droits de douane, administration douanière, concurrence, investissement, technologie et qu’ils suppriment les obstacles administratifs et institutionnels qui alourdissent les coûts de transaction et améliorent les normes et le contrôle de la qualité.
Leurs partenaires de développement les aideront à renforcer les capacités humaines et institutionnelles nécessaires pour participer de façon informée au système commercial multilatéral. Il leur est demandé d’améliorer l’accès préférentiel des PMA aux marchés en visant l’admission en franchise et hors contingent de tous leurs produits dans les pays développés. A titre prioritaire, les partenaires de développement devront mettre en œuvre intégralement les mesures prévoyant un traitement spécial et différencié en faveur des PMA contenues dans l’Acte final reprenant les résultats du Cycle d’Uruguay. Ils devront aussi, souligne le Programme d’action, envisager de prendre de nouvelles mesures en faveur des PMA lors de futures négociations commerciales multilatérales.
Dans le but d’amortir les chocs économiques d’origine extérieure, il est recommandé que les partenaires de développement suivent des politiques favorisant
l’établissement de conditions économiques internationales plus prévisibles et plus stables ; et continuent à fournir une assistance financière d’urgence et à court terme, y compris un appui à la balance des paiements par le biais des institutions compétentes.
Une autre série de mesures à prendre visent à Réduire la vulnérabilité et protéger l’environnement. Il est souligné par ailleurs qu’un environnement propice au règlement pacifique des conflits et au respect des droits de l’homme, y compris le droit au développement, est le cadre approprié pour Mobiliser des ressources financières. Vu l’importance des investissements nécessaires, les PMA, des efforts devront être faits pour que les PMA bénéficient d’une APD accrue pour appuyer les programmes d’action nationaux, y compris les stratégies de lutte contre la pauvreté.
D’autre part, il est prévu que les partenaires de développement appuient les efforts déployés par les PMA pour que l’aide et les mesures d’allègement de la dette renforcent, et non le contraire, les initiatives de mobilisation des ressources intérieures. Il est prévu que les pays donateurs qui consacrent plus de 0,20% de leur PNB à l’aide (APD) aux PMA continuent à le faire et redoublent d’efforts. Ceux qui ont atteint l’objectif de 0,15 % devront s’engager à atteindre rapidement l’objectif de 0,20% ; tous les autres pays donateurs qui se sont engagés à atteindre l’objectif de 0,15% décidant d’honorer cet engagement dans les cinq ans à venir. Pendant la durée du Programme d’action, les autres pays donateurs feront de leur mieux, individuellement, pour accroître leur APD aux PMA de sorte que leur assistance collective à ces pays augmente sensiblement.
En ce qui concerne la dette extérieure les graves problèmes qui en résultent exigent une solution globale, les partenaires de développement devront notamment : fournir rapidement des ressources financières adéquates pour l’application rapide et intégrale de l’Initiative PPTE en faveur des pays pauvres très endettés; encourager les créanciers publics autres que ceux du Club de Paris à participer aux mesures prises pour alléger la dette des PMA ; réaliser des progrès rapides en vue d’annuler totalement dans le contexte de l’Initiative PPTE renforcée, l’encours de la dette bilatérale publique des PMA qui sont aussi des PPTE ; et convenir d’annuler la totalité de la dette publique bilatérale de ces pays, à condition qu’ils fassent la preuve de leur volonté de réduire la pauvreté. Ils sont aussi appelés à envisager au cas par cas des mesures d’allégement de la dette des PMA qui ne sont pas des PPTE et encourager les créanciers en mesure de le faire à envisager un moratoire sur les paiements au titre du service de la dette pour les PMA, dans des cas exceptionnels.
Le Programme d’action prévoit des mécanismes de mise en œuvre, de suivi, de surveillance et d’examen. Il est ainsi demandé au Secrétaire général de l’ONU de soumettre à l’Assemblée générale à sa prochaine session ses recommandations concernant la mise en place d’un mécanisme de suivi efficace et bien visible. Pour sa part, l’Assemblée générale des Nations Unies est invitée à envisager de réaliser un examen global du Programme d’action à une date qui sera arrêtée ultérieurement. Vers la fin de la décennie, l’Assemblée générale est invitée également à envisager de convoquer une quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA afin de réaliser une évaluation d’ensemble de la mise en œuvre du présent Programme.
C’est pour répondre aux besoins spécifiques d'une catégorie de
pays qui se distinguaient à la fois par le niveau de pauvreté de leur
population et la faiblesse de leurs ressources économiques, institutionnelles
et humaines, que les Nations Unies ont organisé leur première Conférence sur
les pays les moins avancés (PMA) à Paris en 1981. Une deuxième Conférence fut
organisée de nouveau à Paris en 1990, qui adopta le « Programme d'action
pour les années 1990 ». Depuis l'adoption de ce dernier Programme
d'action, 32 des PMA ont vu leur niveau de vie reculer. C'est dans ce contexte que l'Assemblée
générale de l'ONU a décidé de convoquer la Troisième Conférence des Nations
Unies sur les pays les moins avancés.
Liste des pays les moins avancés
Les 49 pays dont la
liste figure ci-dessous sont classés par l'Organisation des Nations Unies comme
faisant partie des PMA : Afghanistan, Angola, Bangladesh, Bénin, Bhoutan,
Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cap-Vert, Comores, Djibouti, Erythrée,
Ethiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Haïti, Iles Salomon,
Kiribati, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Mauritanie,
Mozambique, Myanmar, Népal, Niger, Ouganda, République centrafricaine,
République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao,
République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal,
Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tchad, Togo, Tuvalu, Vanuatu, Yémen,
Zambie.
Organe intergouvernemental permanent, la
Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) est
le principal organe de l’Assemblée générale de l’ONU chargé du commerce, des
investissements et du développement. La
CNUCED est le principal interlocuteur, au sein de l’Organisation, des pays les
moins avancés (PMA).
* La déclaration politique figure au document
A/CONF.191/L.20.
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