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Filière
La filière de transformation de l'anacarde
Source : ITDG - technical brief : Cashew Nut Processing Les anacardes sont récoltées une fois tombées au sol. La partie extérieure de la coque est spongieuse, contrairement à la partie intérieure qui est très dure et adhère à l'amande. Ces particularités rendent très difficile l'obtention des amandes par des techniques de broyage classiques. En outre, les noix sont toujours attachées à la partie nommée "faux fruit". Il s'agit donc dans un premier temps de les séparer. Cette opération délicate, précise et différente d'un fruit à l'autre ne peut être automatisée. Elle est donc retirée à la main. Il est essentiel de trier les noix de cajou et de les séparer selon leur qualité. Plus aucun morceau de pomme ne doit adhérer à la noix ; c'est pourquoi toutes les parties du fruit encore présentes sur celle-ci sont prélevées afin d'offrir un produit de meilleure qualité. La noix doit être bien pleine et bien formée. Celles portant des signes de maladies doivent être retirées. Les fruits sains sont ensuite mis à sécher pendant plusieurs jours jusqu'à ce qu'ils aient atteint un niveau d'humidité de 10%. Pour le séchage, les noix sont placées sur des nattes de bambou ou des feuilles de palmier et sont régulièrement retournées à l'aide de râteaux. Le séchage peut être accéléré en plaçant les noix sur des grilles au-dessus d'un barbecue. Avant que la coque ne soit retirée, le CNSL doit être extrait. En Afrique de l'Est, la méthode traditionnelle d'extraction consiste à griller les noix dans des bidons ou des baignoires. Cette étape permet non seulement de sécher les noix, mais également de fragiliser le péricarpe afin d'ouvrir plus aisément les amandes. Afin de retirer et de retenir le CNSL, les noix sont grillées dans des baignoires à une température de 180°C, cette méthode permet de récupérer entre 85% et 90% du CNSL total. En Inde, la méthode traditionnelle d'extraction implique le grillage des amandes dans un moule spécifique (résistant au feu de charbon de bois). Les noix doivent être remuées sans interruption si l'on souhaite qu'elles ne soient pas brûlées. Avec cette méthode, les coques des amandes éclatent en libérant le CNSL qui tombe dans le feu en dégageant cependant des fumées irritantes et en occasionnant des pertes du produit. Une innovation consiste à faire griller les noix dans une poêle perforée au-dessus de cuvettes servant à récupérer le liquide. Malgré l'invention de machines à partir de 1963 pour tenter d'automatiser le processus, l'écossage des noix se fait encore aujourd'hui en grande partie à la main, en frappant à petits coups un endroit bien précis de la coque pour amorcer une fente et l'élargir ensuite avec précaution. Cette manipulation se fait presque exclusivement en Inde pour la production mondiale de noix de cajou. Elle est réalisée par des centaines de femmes qui se protègent les mains avec des gants ou par le biais de produits tels que la cendre de chaux, l'huile de lin ou de ricin car la coque externe du cajou contient toujours un peu de CNSL. Une ouvrière peut obtenir en moyenne 6kg à 12kg d'amandes par jour à partir d'une quarantaine de kilos de noix. Des exemples de filières à travers le monde
Les anacardiers nigérians sont originaires d'Amérique du Sud. Tout comme cela a été le cas pour l'Inde, les anacardiers du Nigeria ont été importés dans ce pays et en premier lieu, dans l'Etat du Enugu afin de servir à prévenir l'érosion du sol et à enrichir les forêts. Influencée par les efforts de développement de l'agriculture dans l'est du Nigeria, la production d'anacarde n'a réellement débuté qu'avec les années 1950. L'exploitation de cet arbre concerne aujourd'hui la quasi-totalité des régions du pays et elle recouvre 291000 hectares. Cette ressource est principalement exploitée par de petits planteurs même lorsque les domaines sont étatiques. Le niveau de production est assez élevé avec le tiers de la production africaine de noix de cajou offerte par ce pays (185000 tonnes de noix sur l'année 2001). Le premier Etat africain après le Nigeria est la Tanzanie avec 121900 tonnes la même année (21% de la production continentale). La campagne de la noix de cajou commence par la récolte des fruits au cours de la période sèche entre les mois de janvier et d'avril avec la plus grande partie ramassée entre février et mars. C'est une activité qui réclame une très importante main d'oeuvre. Une fois les fruits à maturité tombés au sol, ils sont collectés par les ramasseurs qui séparent la pomme de cajou (faux fruit), de la noix par un mouvement manuel rotatif. Plus tard, seront ôtés à l'aide d'un couteau, les résidus de pomme encore présents à la surface des noix. Après cette étape, les fruits sont mis à sécher durant deux ou trois jours afin d'abaisser leur teneur en eau jusqu'à atteindre un niveau de 10%. Si les noix sont correctement séchées, elles pourront être conservées dans des sacs de jute pendant près d'un an. La classification des noix de cajou se fait en deux catégories
: Une première étape de torréfaction des noix peut alors avoir lieu sur place. Elle ne concerne que 200 à 300 tonnes de noix chaque année. Certaines entreprises locales (qui ont résisté à la libéralisation du marché de 1986) ont fusionné avec des opérateurs indiens afin d'être aptes à réaliser une transformation locale. Certaines d'entre elles sont destinées à produire pour le marché domestique, d'autres au contraire, transforment les noix qui seront destinées à l'exportation vers les marchés des pays industrialisés. Pour satisfaire aux critères d'exportation, les noix devront être nettoyées, calibrées, humidifiées, torréfiées, centrifugées et salées. En 2002, il existait au Nigeria six entreprises de transformation ayant une capacité totale de 12000 tonnes, situées dans des Etats différents : Oghe-Enugu, Ibadan-Oyo (deux entreprises), Owo-Ondo, Isolo (Lagos), Okigwe (Imo). Deux contraintes importantes limitent le succès de la filière de l'anacarde au Nigeria. La première concerne l'état de l'infrastructure routière et électrique dans les lieux de transformation qui se trouvent généralement situés dans des zones semi-urbaines, ceci a une influence directe sur les coûts de production. La seconde concerne l'approvisionnement instable et insuffisant durant certaines périodes de l'année des centres de transformation. Avant la mise en place du Plan d'ajustement structurel en 1986 qui a aboli les taux de change fixes et le prix fixe pour les produits de base, le secteur des noix de cajou ne faisait pas partie des filières à privilégier pour le gouvernement nigérian. Toutefois, à partir de cette date, plusieurs programmes (de développement rural, de nurseries...) ont été mis en place avec l'aide notamment d'organismes internationaux, de groupements professionnels (...) L'un des volets de cette politique mise en place entre 2001 et 2004 : le "Cashew Development Programme" vise à développer et à moderniser le secteur de l'anacarde dans le pays afin de lui permettre de produire davantage tout en améliorant la qualité. Le nombre d'hectares cultivés depuis 1961 (15000 Ha) a peu progressé jusqu'au début des années 1990 (40000 Ha en 1989). Depuis cette date, il a enregistré une croissance de l'ordre de 20% par an pour atteindre 291000 Ha exploités en 2001. Au Nigeria, l'exportation des fruits peut se faire à travers
plusieurs canaux de distribution qui sont : Elles sont principalement dirigées vers l'Inde qui a importé 94% des exportations nigérianes en 2000 contre 80% en 1990. Le reliquat part à destination des Isles of Man ou de Singapour. Quand ce sont les amandes (produits finis) qui sont exportées, les principaux importateurs sont le Royaume-Uni, l'Espagne, les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite. Il y a environ quatre siècles que l'anacardier est connu en Inde où il fut importé du Brésil par les portugais dans la Province de Goa. Cet arbre fut introduit au départ afin de prévenir l'érosion des sols. Dans les premiers temps, seules les pommes de cajou étaient commercialisées sur le marché car on pensait à l'époque que seule cette partie du fruit recelait une valeur financière. Au début des années 1920, M/s. Torneys et M/s. Mahadev Bapu Prabhu Zantye ont commencé à développer la commercialisation de ce produit de base à plus grande échelle et c'est à cette époque que débutèrent les premières activités industrielles à Vengurla et à Malvan. C'est aussi à ce moment que les noix commencèrent à intéresser les consommateurs et à être exportées. L'industrie de la noix de cajou en Inde est un des premiers secteurs d'exportation. Hormis les revenus très importants tirés de cette activité, notamment pour les zones de production*, la noix de cajou revêt une très grande importance d'un point de vue social, car elle fournit des emplois à la population tant de manière directe, qu'indirecte. Ce pays est aujourd'hui le premier Etat producteur et aussi, le premier pays transformateur vers lequel est acheminée la majorité des noix de cajou du monde afin d'être traitées. Aujourd'hui, l'Inde représente 670000 hectares cultivés pour une production annuelle de noix de cajou de 500000 tonnes en 2001. * (Kerala (30%), Karnataka (8%), Tamil Nadu (9%), Andhra Pradesh (22%), Goa (5%), Maharastra (15%) et Orissa (8%)) Pour de plus amples informations concernant les filières commerciales
de l'anacarde dans différents pays du monde, se reporter aux
documents rédigés par Mme MAFTEÏ du Centre du commerce
international CNUCED/OMC et publiés sur le site internet de Cashewnuts.com
: - Pour le Bénin, consulter l'étude menée dans
le cadre d'Agro-ind 2002 et
dédiée à la filière de l'anacarde au Bénin. |
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