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- La production bananière Les bananes sont le principal fruit à faire l'objet d'échanges internationaux et également le plus populaire à travers le monde. Elles sont le premier fruit exporté en terme de volume, bien qu'elles ne se placent qu'à la seconde place derrière les agrumes en terme de valeur. La banane est un produit de base très sensible aussi bien d'un point de vue économique, que social, environnemental et politique. Selon les estimations statistiques de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (F.A.O.), les exportations totales de banane ont représenté 15,9 millions de tonnes sur l'année 2004. Elles sont également un élément de base essentiel de l'alimentation dans de nombreux pays en développement au même titre que le blé, le riz ou le maïs d'où leur importance en terme de sécurité alimentaire. Certains États producteurs, à l'instar de l'Inde ou du Brésil, sont très impliqués dans le commerce international. De ce fait, seul le cinquième de la production bananière totale fait l'objet d'échanges internationaux. Néanmoins, la part du volume des bananes produites faisant l'objet d'échanges internationaux a faiblement augmenté durant les dernières décennies (d'environ 18% dans les années 1960 et 1970 à environ 22% au cours des années 1990). Le marché international est essentiellement intra-régional. L'industrie de la banane engendre une source importante de revenus, d'emplois et de recettes d'exportation pour la majeure partie des pays exportateurs, principalement pour les pays en développement d'Amérique Latine et des Caraïbes ainsi que pour ceux d'Asie et d'Afrique. Selon la FAO, le montant annuel total des exportations mondiales de banane est évalué à plus de 4,7 milliards de dollars et représente, de toute évidence, une source vitale de revenus pour de nombreux pays. Aux niveaux local et régional, il existe une relation étroite entre le revenu dégagé par l'industrie de la banane et la sécurité alimentaire des ménages. L'amplitude des quantités exportées ou celle des prix à l'exportation peut être la cause de fluctuations des revenus des personnes directement employées dans le secteur de la banane, qu'il s'agisse des petits exploitants agricoles ou des salariés des plantations. En outre, les industries secondaires et tertiaires, ainsi que leur personnel ressentent également les effets de ces variations. Évolution de la production mondiale et du commerce international des bananes (entre 1961 et 2004) en milliers de tonnes
Source: Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de la FAO (Axe primaire : Imports; Axe secondaire : Production) Les bananes, comme cela est le cas pour la plupart des produits tropicaux, ont besoin de conditions climatiques spécifiques pour se développer. C'est la raison pour laquelle elles sont presque exclusivement cultivées dans les pays en développement (environ 98% de la production mondiale). Les pays développés sont les débouchés traditionnels des bananes d'exportation. En 2004, un total de 130 pays produisaient de la banane, toutefois, la production à l'instar des exportations et des importations est très concentrée. Les dix premiers pays producteurs représentaient près de 75% de la production bananière totale en 2004. En outre, l'Inde, l'Équateur, le Brésil et la Chine comptaient, à eux seuls, pour environ la moitié de la production mondiale. Cette concentration s'est renforcée au fur et à mesure des années et la répartition régionale s'est modifiée. Alors que les régions asiatiques et l'Amérique Latine avaient dominé le marché jusqu'aux années 1980, l'Asie a pris la tête de la production bananière au cours de la décennie 1990. La production africaine, est quant à elle, restée assez stable et relativement faible au cours de la période. La répartition de
la production bananière
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de la FAO Les exportations mondiales de banane affichent un haut niveau de concentration avec les pays en développement comptant pour la majeure partie d'entre elles. A eux seuls, l'Amérique latine et les Caraïbes fournissent environ 70% des exportations totales en 2004. Les quatre premiers pays exportateurs de banane en 2004, l'Équateur, le Costa Rica, les Philippines et la Colombie, représentaient 63% des exportations mondiales. L'Équateur fournit à lui seul environ 30% des exportations mondiales. La part de l'offre latino-américaine et caribéenne a très légèrement diminué au cours des années 1990, alors que la part asiatique a progressé. La répartition des
exportations de banane
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de la FAO L'analyse de la dépendance des revenus d'exportation par rapport aux bananes fournit également des résultats intéressants. Pour les principaux pays exportateurs tels que l'Équateur ou le Costa Rica, les exportations de banane représentaient respectivement 16,7% et 23,1% de la valeur totale des exportations en 2000. Les plus hauts niveaux de dépendance sont enregistrés par les Îles sous le vent : Sainte Lucie, Saint Vincent et Grenadines, la République Dominicaine et Grenada (dans le cas de Sainte Lucie, la part des exportations représentée par les bananes s'élève à 49,6%). Les principales importations de banane ont lieu à l'intérieur des triades : Union européenne, États-Unis et Japon, qui comptent ensemble pour environ 67% des importations mondiales en 2004, alors que les dix premiers pays importateurs de banane dans le monde représentent plus de 80% du total des importations (considérant l'Union européenne comme une entité unique). Bien que la concentration géographique des échanges reste importante, l'analyse des données laisse apparaître une tendance vers une certaine diversification des marchés de destination, particulièrement au cours des années 1990. Ceci est nettement visible à travers l'évolution des importations faîtes par le groupe du reste du monde décrit par le graphique au sommet de cette page. Ce diagramme illustre assez nettement l'importance grandissante des marchés émergents tels que la Fédération de Russie, la Chine ou les pays de l'Europe orientale. Alors qu'au cours des dernières décennies, le volume des bananes importées augmentait à peu près partout, celui de l'Union européenne stagnait au cours des années 1990. Les importations de bananes
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de la FAO A titre d'exemple et pour de plus amples informations sur le marché français de la banane, veuillez compulser le document suivant: "la banane en 2004, bilan de campagne nationale", Service des Nouvelles des Marchés (SNM), Ministère Français de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pèche et de la Ruralité. L'organisation du commerce de la banane Du fait de l'importance des différents régimes d'importation dans les pays consommateurs, le commerce mondial de la banane présente un caractère régional très marqué. Ces régimes ont conduit à une différenciation entre marchés préférentiels et marchés ouverts, bien que cette situation ait quelque peu évolué au cours de la décennie 1990. Les coûts de transport et le temps jouent également un rôle dans la segmentation régionale du marché. Les importations nord-américaines de banane proviennent principalement d'Amérique centrale et du sud, sur la base d'un marché dépourvu d'obstacles tarifaires et non tarifaires. La répartition géographique
des importations américaines de bananes
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques du Comtrade (Code SITC Rev 2 : 0573 Banana, plantains (fresh or dried)) Traditionnellement, les importations européennes
de banane proviennent de trois origines différentes : Au cours des années 1990, l'organisation du marché des bananes européen a souffert de certaines incertitudes dues à l'introduction du régime européen de la banane et aux différentes modifications engendrées par le différend engagé devant l'Organisation mondiale du commerce. La distribution géographique des importations européennes de bananes (1991-2004)
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques du Comtrade (Code SITC Rev 2 : 0573 Banana, plantains (fresh or dried)) En ce qui concerne le Japon, troisième plus important marché importateur de banane au monde, les Philippines restent son premier fournisseur, malgré la progression des importations en provenance d'Équateur au cours des dernières années sous l'effet de sa constante recherche de marchés alternatifs au marché européen et aux incertitudes nées de la mise en place du Régime européen des bananes. Comparativement aux deux autres zones, le Japon fait apparaître des importations beaucoup plus concentrées, avec deux pays fournissant approximativement 90% des bananes. La distribution géographique
des importations japonaises de bananes
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques du Comtrade (Code SITC Rev 2 : 0573 Banana, plantains (fresh or dried)) Au cours des années 1990, le marché international de la banane a principalement été caractérisé par une situation de suroffre consécutive à la disponibilité accrue des exportations équatoriennes de banane et de quelques autres pays exportateurs. Toutefois, la principale cause de cette suroffre repose sur les espérances induites par la libéralisation du marché européen survenue à la suite de la mise en place du Régime européen de la banane. Vers la fin des années 1980 et le début des années 1990, les sociétés commercialisant la banane ont poursuivi une stratégie d'accroissement de leur capacité afin de maximiser leur part de marché en Europe. Au cours de la décennie 1990, le marché international de la banane a été très fortement influencé par les développements que connaissait le Régime européen de la banane. Le différend et l'accord intervenus devant l'OMC ont laissé planer un climat d'incertitudes sur le marché et, par conséquent, ont limité les possibilités d'action des différents opérateurs. En outre, la demande en provenance des marchés émergents asiatiques, chinois en particulier, et considérés comme porteurs comme la Fédération de Russie et l'Europe Orientale, n'ont pas permis de rééquilibrer la situation, notamment du fait de la situation économique en Fédération de Russie et de la crise financière en Asie. La conjonction de ces conditions a conduit à une stagnation de la croissance de la demande sur les marchés saturés américains et européens et n'ont pas permis d'atteindre les niveaux de consommation escomptés. Cette situation a eu pour conséquence de tirer les prix de la banane vers le bas et d'améliorer la compétitivité des entreprises de distribution en quête de restructuration et d'économie d'échelle. Croissance des marchés biologique et du commerce équitable pour la filière banane Les niches de marchés constituent également un débouché intéressant pour la filière banane. Une étude à cet égard présentée dans le cadre du groupe intergouvernemental sur la banane et sur les fruits tropicaux illustre parfaitement ces propos en soulignant l'importance des marchés biologiques et du commerce équitable (qui ont respectivement atteint 152'000 tonnes et 46'000 tonnes en 2003). Croissance des marchés biologique et du commerce équitable pour la filière banane sur la période 1998-2003 (en tonnes)
Carte interactive des flux d'exportation montrant les destinations de bananes biologiques par principales origines (2002)
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de la FAO |
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