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Marché - La production Production de blé mondiale ainsi qu'au sein
des grands pays producteurs
Source : Secrétariat de la
CNUCED d'après les données statistiques de l'Organisation
des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture La production mondiale a fortement progressé depuis les années 1960 (environ 2,4% par an). Elle a presque triplé en l'espace de 44 ans, passant ainsi de 222 millions de tonnes en 1961 à plus de 626 millions de tonnes en 2005. Ce très net décollage peut être attribué principalement à la progression des rendements mondiaux. (partie "culture", paragraphe sur les rendements) Le blé est un marché assez traditionnel. Depuis une quarantaine d'années (1961-2005), cinq pays ou régions représentent les deux tiers de la production mondiale. A côté de ces grands acteurs qui produisent plus de soixante millions de tonnes de blé par an, on trouve une série de producteurs dont l'offre s'étale généralement entre dix et quarante millions de tonnes sur la période 1961-2005 : le Canada (21,6), la Turquie (15,8), l'Australie (14,4), le Pakistan (11,7) et l'Argentine (10). Ils fournissent ensemble plus de 16% de l'offre mondiale sur la période. Les deux groupes associés ont donc fourni entre 1961 et 2005, près de 85% de la production mondiale. Si l'on se réfère aux études et aux projections publiées par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (F.A.O.) qui prennent en compte le développement démographique mondial, les besoins devraient encore s'accroître dans les années à venir, pour atteindre sans doute 1000 millions de tonnes de blé tendre en 2020. Pour satisfaire ces besoins, la production mondiale devrait progresser à un rythme annuel de 2%.
La Chine est le premier producteur mondial de blé depuis le début des années 1980. Sa production a littéralement explosé depuis les années 1960, passant ainsi d'environ 14,3 millions de tonnes en 1961 à plus de 96 millions en 2005, soit une progression de plus de 500% en quarante ans. Cette hausse de la production s'explique en particulier par l'amélioration très importante du rendement à l'hectare qui a été multiplié par plus de six en quarante ans, passant ainsi de 0,6 tonnes par hectare en 1961 à près de 4 tonnes par hectare en 2005. Les surfaces cultivées sont, quant à elles, restées stables. Elles représentaient 25,6 millions d'hectares en 1961 et 22,8 millions en 2005.
Elle a enregistré une grande progression de son offre
en terme de volume passant ainsi de 35 millions de tonnes en 1961 à
environ 102 millions de tonnes en 2005. En Europe, cinq pays ont contribué
pour plus des quatre cinquièmes de la production entre 1961 et
2005. Ce sont respectivement :
La série historique de la production russe offre une forte instabilité de l'offre. Avec la dislocation du groupe soviétique au début des années 1990, la Fédération de Russie est devenue le premier pays producteur de blé en Europe orientale. Avec environ 39 millions de tonnes de blé produites par année depuis 1992, ce pays représente 7% de l'offre mondiale. Viennent ensuite l'Ukraine et le Kazakhstan dont les productions respectives ont été d'environ 16 millions de tonnes et 10,3 millions de tonnes sur la période 1992-2005, ce qui représente 3% et 2% de l'offre mondiale de blé.
La production indienne a augmenté de manière importante et assez linéaire sur la période 1961-2005, passant ainsi de 11 millions de tonnes en 1961 à 72 millions de tonnes en 2005. Cette progression a été d'environ 9% dans les années 1960, puis a commencé à ralentir atteignant tout de même 5% durant les années 1970 et 1980 et 2% pour la décennie 1990. Concernant les principales zones de production en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique et en Australie, des données complémentaires sont disponibles sur le site internet du Montana wheat and barley committee (cartes des zones de production). Évolution de la consommation mondiale de blé en millions de tonnes sur la période 1946 - 2005
Source : Secrétariat de la CNUCED. De 1946 à 1961 les données du Conseil international des grains et de l'industrie ont été utilisées. A partir de 1962, les statistiques de la FAO sont employées La consommation mondiale de blé a été multipliée par 4 en l'espace d'un demi-siècle passant ainsi de moins de 150 millions de tonnes consommées en 1946 à plus de 600 millions de tonnes en 2005. Cette croissance s'est faîte de manière assez soutenue entre 1946 et le début des années 1970 avec un rythme décennal compris entre 3,5% et 4%. Puis, cette hausse s'est ralentie depuis, jusqu'à atteindre 0,30% durant la décennie 1990. Parmi les facteurs qui tirent la consommation de blé vers le haut, la croissance démographique ainsi que la migration des populations des campagnes vers les villes où le blé est davantage consommé, sont à mettre en exergue. Au Sénégal par exemple, 2 à 3 kg de blé sont consommées par an et par habitant dans les campagnes contre dix fois plus à Dakar. L'augmentation des revenus et du niveau de vie est souvent le corrollaire d'une augmentation de la consommation de blé. Puis au delà d'un seuil, les habitudes alimentaires changent et se diversifient vers des produits plus chers comme la viande, les légumes et les fruits. Un autre facteur peut expliquer l'augmentation de la consommation : l'aide alimentaire qui est soit fournie par les gouvernements de pays industrialisés soit favorisée par le biais d'aides à l'importation. La plupart des études menées sur cette filière montrent que dans les années à venir, les pays en développement seront à l'origine du maintien de la hausse de la consommation. Pour de plus amples informations concernant l'aide alimentaire, consulter la partie politiques économiques - aide alimentaire. Consommation de blé par zone géographique
et par habitant
Source : Secrétariat de la
CNUCED d'après les données statistiques de l'International
Maize and Wheat Improvement Center (World wheat overview and outlook) La consommation mondiale par tête a progressé d'une vingtaine de kilos entre les années 1960 et les années 2000 passant ainsi de 85 à plus de 100 kilos par an et par habitant. En plus de cette progression, la consommation mondiale par tête a également changé de destination. Alors que durant les années 1960, les principaux consommateurs de ce produit se situaient dans les pays à haut revenu (environ les deux tiers de la consommation totale en 1965), depuis le début des années 1980, les premiers consommateurs mondiaux sont des pays en développement ou en transition qui fournissent une aide financière à l'importation de cette denrée. En outre, au sein de ce groupe, certaines zones ont progressé plus rapidement que d'autres. C'est le cas par exemple de l'Afrique du Nord qui enregistrait 131 kg par an et par habitant au début du siècle contre 203kg aujourd'hui. Classement des premiers pays pour la consommation de blé par an et par habitant (en kg)
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de l'International Maize and Wheat Improvement Center (World wheat overview and outlook) Le blé est la première céréale échangée à travers le monde avec environ 119 millions de tonnes exportées en 2004. La part de blé exportée chaque année représente environ 43%. C'est une proportion à peu près stable sur la période 1961-2004. Évolution du volume des exportations de blé pour les principaux acteurs en millions de tonnes sur la période 1961-2004
Source : Secrétariat de la
CNUCED d'après les données statistiques de l'Organisation
des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
Évolution du volume des importations de blé (en millions de tonnes) pour les principaux acteurs sur la période 1961-2004
Source : Secrétariat de la
CNUCED d'après les données statistiques de l'Organisation
des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture Parmi les pays importateurs traditionnels de blé, on trouve l'Union européenne, les pays de l'Ex-URSS, la Chine, le Japon, le Brésil, la République de Corée, l'Iran et l'Algérie. La part de ces pays dans les importations globales est toujours importante en 2004 puisqu'elle représente encore près de la moitié des importations mondiales (47% à 54,7 millions de tonnes). Nonobstant, cette part a tendance à diminuer depuis la fin des années 1980 où elle atteignait alors 61% des importations mondiales. Cette baisse s'explique en grande partie par la multiplication des pays importateurs et les volumes de plus en plus importants qui sont importés par un grand nombre de pays. Par exemple, en 1961, seuls 9 pays sur 115 importaient plus d'un million de tonnes de blé, contre 32 sur 174 en 2002. De la même manière, aucun pays n'importait plus de 5 millions de tonnes de blé en 1961, alors qu'ils sont six en 2002 (Italie, Brésil, Espagne, Algérie, Japon et Egypte). Il semble intéressant de noter que le gouvernement brésilien dont le pays est actuellement le deuxième importateur mondial de blé avec 6,6 millions de tonnes en 2002, a décidé de se lancer dans des investissements devant aider le pays à se dégager de sa dépendance vis à vis des importations et en particulier celles en provenance d'Argentine, puisque ce pays est en matière de blé, le premier fournisseur du Brésil. Des travaux en vue d'améliorer l'infrastructure des transports sont prévus et notamment la construction d'un canal qui devrait permettre de relier le nord du pays au sud et qui devrait favoriser le développement de cultures de blé dans la région la plus appropriée : les Cerrados. La mise en culture de blé pourrait permettre de mettre en place une politique de diversification et de rotation des cultures (alternance avec les cultures de maïs et de soja déjà en place).
Composition des différentes catégories indiquées dans le tableau de la consommation de blé par habitant
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