Coton
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Description

- Description et caractéristiques techniques
- Origine et histoire

Description et caractéristiques techniques

Le coton est une fibre naturelle et plus particulièrement végétale, au même titre que le lin, le jute ou le chanvre. Constitué de cellulosique naturelle, plus ou moins pure, formée par des fibres de forme rubanée et vrillée, il est le fruit d'une plante arbustive appelée cotonnier. Le cotonnier (latin : Gossypium) est classé dans la famille des malvacées, famille qui comprend environ 1500 espèces dont par exemple le baobab, le fromager ou la mauve. Le cotonnier peut mesurer jusqu'à dix mètres à l'état sauvage, toutefois sa taille est limitée à un ou deux mètres en culture de façon à en faciliter la récolte. Herbacé ou ligneux, le cotonnier pousse dans les régions tropicales et subtropicales arides. Il peut vivre une dizaine d'année à l'état sauvage, toutefois, lorsqu'il fait l'objet d'une culture organisée, il est souvent exploité sous la forme de plante annuelle. A la floraison apparaissent de grandes fleurs blanches ou jaunes à cinq pétales, puis se développent des capsules aux parois épaisses et rigide. A leur ouverture, ces capsules donnent naissance à des graines et à des bourres de coton recouvertes d'une houppe de fibres blanchâtres et soyeuses pouvant mesurer de 2cm à 3cm de long pour le Gossypium hirsutum et jusqu'à 5cm de long pour le Gossypium barbadense et dont la surface fait apparaître de fines dentelures qui leur permettent de s'accrocher les unes aux autres. Le cotonnier est presque exclusivement cultivé pour ses graines oléagineuses et pour les fibres séminales qui les recouvrent et constituent le coton a proprement parlé. Le terme de coton désigne également dans le langage courant, les fils de tissu qu'il permet de fabriquer et qui entre dans le processus de l'industrie textile.

La production cotonnière ne se limite plus aux tropiques. En effet, le développement de cultivars et de méthodes culturales adaptées ont permis d'étendre sa culture à l'intérieur d'une bande allant de 47° de latitude nord (Ukraine) à 32° de latitude sud (Australie). Toutefois, même si sa culture est possible, il est très sensible aux périodes de gèle. Sur les 85 pays qui cultivent le coton en 2005, 80 étaient des pays en développement dont 28 étaient répertoriés par l'Organisation des Nations Unies parmi les Pays les moins avancés.

Classification des pays producteurs de coton-fibre (cotton lint) en 2005

 
Développés
En développement
Total
PMA
Autres
Afrique
1
21
15
37
Amérique du Nord et Centrale
2
14
16
Amérique du sud
 
7
7
Asie
1
5
16
22
Europe
2
 
2
Oceanie
1
 
 
1
Total
5
28
52
85

Source : Secrétariat de la CNUCED

En Afrique de l'Ouest et du Centre, environ 10 millions d'individus dépendent de la production et de la transformation cotonnière pour leur revenu. En outre, le coton fournit de précieux apports tant en ce qui concerne l'alimentation humaine (production d'une huile alimentaire qui se classe au cinquième rang mondial au niveau des quantités utilisées, avec environ 5% de la consommation mondiale d'huiles végétales), qu'animale par le biais des tourteaux.

Les variétés de coton les plus connues sont le Gossypium arboreum et le Gossypium herbaceum. Ces deux formes de coton à fibres courtes originaires d'Inde ont donné naissance à de nombreuses variétés cultivées aujourd'hui, mais ne sont presque plus exploitées en tant que telles (sauf pour l'ouaterie), car leurs fibres sont trop courtes. Le Gossypium barbadense, coton d'origine péruvienne, compte pour environ 3% de la production mondiale de fibres. Sa culture a été notamment introduite en Egypte et constitue, aujourd'hui au travers de la qualité "Jumel" (coton provenant de La Barbade), l'un des meilleurs cotons du monde; en terme de qualité et de longueur de fibres. Le Gossypium hirsutum qui représente environ 97% de la production mondiale de fibres est originaire d'Amérique du Sud.

Composition chimique du coton

 
Graine entière
Tourteau déshuilé partiellement décortiqué
Tourteau expeller partiellement décortiqué
Coques
Matière sèche (%)
92
90
93
92
Protéines (%) MS
22 (19-25)
42 (35-53)
40 (28-49)
5 (3-7)
Cellulose brute (%) MS
28 (23-37)
18 (11-23)
15 (11-23)
53 (49-62)
Matières grasses (%) MS
20 (10-28)
3 (0,4-6)
7 (4-11)
3 (0,6-5)
Cendres (%) MS
4
7
7
3
Calcium (%) MS
0,2
0,3
0,2
0,15
Phosphore (%) MS
0,6
1,3
1,2
0,19

Source : Institut national agronomique (INA)

Origine et histoire

Il semblerait que le coton soit présent à la surface de la terre depuis la création du monde végétal. Par contre, le début de l'exploitation des ressources cotonnières, notamment dans le but de fabriquer des textiles, est plus floue. La littérature en la matière dégage essentiellement deux origines géographiques distinctes que sont l'Asie et l'Amérique précolombienne. Le premier tissu en coton produit dans le monde daterait d'environ 3200 avant J-C. Celui-ci a été découvert sur les rives de l'Indus et plus précisément sur le site de Mohenjo-Daro. D'Inde, les étoffes de coton ont tout d'abord voyagé dans les environs de la Mésopotamie avec laquelle le commerce débuta plus de 600 ans avant J-C. Le coton commença à être commercialisé vers Rome à l'époque d'Alexandre le Grand, au IVème siècle avant J-C. Le commerce du coton prit son essor avec la découverte de la voie maritime passant par le Cap de Bonne Espérance et la mise en place de comptoirs commerciaux en Inde. La prédominance portugaise dans cette partie du monde fut progressivement concurrencée par d'autres pays d'Europe (France, Angleterre) dès 1698. Les conquêtes arabes donnent naissance à l'installation des premières manufactures de coton à Grenade, à Venise, puis à Milan. En Angleterre, la première filature cotonnière ouvre ses portes à Manchester en 1641. Cette date marque le début de l'industrie cotonnière en Europe dont le développement se fera principalement par le biais de la Révolution industrielle et d'inventions telles que celles de :

KAY 1733 Première navette volante
HARGREAVES 1764 Première machine à filer industrielle à plusieurs fuseaux (spinning-Jenny)
ARKWRIGHT 1767 Machines à peigner et à filer (water-frame)
WHITNEY 1793 Première égreneuse de coton
JACQUARD 1805 Un des premiers métiers à tisser automatiques. Il fonctionne avec de grandes cartes perforées qui permettent la réalisation de motifs variés.

Parallèlement au développement de toutes ces techniques, et grâce à ces avancées, les pays européens parvenus à copier la richesse des étoffes indiennes cessèrent presque complètement leur commerce avec elle. Seul l'Angleterre, par le biais de la Compagnie Anglaise des Indes orientales, continua ce commerce, tout en le limitant à l'importation du produit de base brut et non plus d'étoffes; tout particulièrement lorsque l'administration de l'Inde lui échoira en 1858. Le second débouché du coton indien était essentiellement chinois. Le tissage de cette fibre végétale reprendra sous l'influence du Mahatma Gandhi.

La colonisation du continent américain amena avec elle, une vague d'émigrants venus d'Europe qui connaissaient la culture du coton et installèrent sur ce nouveau territoire des plantations de coton notamment.

La seconde origine du coton serait issue des civilisations précolombiennes (Pérou et Guatemala). De ces pays et des civilisations qui les peuplaient, le coton parvint jusqu'au Mexique. Bien que la culture du coton aux Etats-Unis ne soit pas la conséquence de son importation par le sud du continent, la principale variété cultivée à l'heure actuelle dans ce pays (Upland) provient de la variété précolombienne Gossypium hirsutum.

Au cours du XXème siècle, l'une des images les plus marquantes dans l'inconscient collectif est celle du Mahatma Gandhi filant le coton à l'aide d'un rouet. Cet objet chargé d'histoire en Inde est d'ailleurs devenu l'icône central du drapeau national indien.

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