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Evolution de la production mondiale ainsi que nationale des principaux pays producteurs sur la période 1980/81-2009/10 en millions de tonnes
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après le "Coton : statistiques mondiales - Bulletin du Comité consultatif international du coton (CCIC)" Malgré la baisse tendancielle de la part du coton dans l'ensemble des fibres depuis les années 1970, ce produit n'en demeure pas moins historiquement la première source de fibres utilisées au niveau international depuis le début du XXème siècle (voir partie "utilisations"). Au début des années 2000, il compte encore pour 38% des fibres utilisées. Le coton constitue pour la majeure partie des pays en développement qui le cultivent et le transforment une base vitale d'emplois et de développement. Depuis la fin de la seconde Guerre mondiale, la hausse de la production s'explique en majeure partie par l'amélioration des rendements de coton-graine (multipliés par trois entre 1946 et 2003 passant ainsi de 209kg/ha à 643kg/ha selon les chiffres du CCIC), plutôt que par une hausse des superficies cultivées (22,3 millions d'hectares cultivés en 1946 contre 30 millions en 2003 soit une hausse de 35% environ). En 2004, une centaine de pays environ produisaient du coton. Les quatre principaux pays producteurs nommément la Chine, les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan comptent pour près des deux tiers des volumes mondiaux. Si l'on agrège ces chiffres à ceux de l'Ouzbékistan et de l'Egypte, les trois quarts de la production mondiale sont couverts par 6 pays. Cette concentration du marché doit être mise en perspective en considérant l'incidence des politiques agricoles mises en oeuvre par les principaux pays producteurs ainsi que les aléas climatiques ou sanitaires et leur influence au niveau mondial. Par exemple, la production mondiale a fait un bond de plus de 30% entre les campagnes 1983/84 et 1984/85 passant ainsi de 14,5 millions de tonnes à 19,2 millions de tonnes sous l'influence de la croissance de la production chinoise (4,6 millions de tonnes en 1983/84 contre 6,3 millions de tonnes en 1984/85) encouragée par des mesures incitatives mises en place par le gouvernement. Ces mesures consistaient notamment en l'augmentation du facteur d'ajustement des prix (price adjustment) de 15% à 50% selon les principaux produits de base et le versement d'un bonus en cas de dépassement du quota. De même, sur la campagne 1993/94, le gouvernement chinois a mis en place des mesures incitatives telles que l'octroi de prêts à taux préférentiels aux agriculteurs ou le versement du prix aux producteurs, en liquide, qui ont conduit à une hausse de la production (+16,1% de 3,7 millions de tonnes en 1992/93 à 4,34 millions de tonnes en 1993/94). Ce mouvement à la hausse s'est prolongé sur la campagne suivante à l'annonce de l'augmentation de 25% du prix d'achat du coton (state procurement price). Les cours du coton influencent également la production mondiale, en cela que certains pays producteurs, ne bénéficiant pas d'une politique de soutien du coton forte à l'instar des Etats-Unis ou dirigée comme l'était celle de la Chine ou de l'Ex-URSS, se voient contraints d'abandonner ce secteur du fait d'un manque de rentabilité (c'est le cas par exemple de certains pays d'Amérique latine). Depuis le début des années 1940, la consommation internationale de fibres de coton a augmenté à un rythme annuel moyen identique à celui de la production, c'est à dire de l'ordre de 2%. Les périodes au cours desquelles les progressions de la consommation furent les plus importantes ont été enregistrées dans les décennies 1950 et 1980; avec des taux annuels de croissance moyens respectifs de 4,6% pour la décennie 1950 et de 3% pour les années 1980. La majeure partie des utilisations de fibres de coton a lieu, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, au sein des pays en développement, toutefois, ce phénomène va en se renforçant depuis la fin des années 1990. Alors que les pays en développement représentaient entre 1981 et 1998 environ 77% des utilisations mondiales, ce pourcentage a dépassé les 80% à partir de 1999 et devrait, selon les projections réalisées à partir des chiffres du CCIC, se situer aux alentours de 87% en 2007. Ce déplacement des utilisations de fibres de coton des pays développés vers les pays en développement s'explique en grande partie par la hausse très importante des coûts en main d'oeuvre dans l'industrie textile des pays développés. Dans ce secteur, les charges salariales représentent environ le sixième du coût de revient d'un article. La hausse de ces coûts a induit une baisse très importante de l'activité textile dans les pays développés qui a été délocalisée dans certains pays en développement (notamment asiatiques et du Maghreb, mais aussi africains) où le coût du travail est plus faible et les législations sociales plus flexibles. De par leur spécialisation, certains pays se sont forgés un véritable avantage comparatif en terme de qualité et de rapidité d'exécution dans ce secteur d'activité et ont pu fonder leur développement économique sur la compétitivité et le dynamisme de ce secteur. En outre, des facteurs exogènes tels que le développement des nouvelles technologies ou l'amélioration des infrastructures ont permis aux multinationales des pays développés d'effectuer ces délocalisations de production. Les principaux producteurs, sont également les principaux consommateurs de coton. Selon les chiffres du CCIC, sur la période 1980-2007, la Chine, les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan auront compté ensemble pour environ 56% de la consommation mondiale totale. En outre, la consommation de ces pays a augmenté en terme de volume (voir graphique ci-dessous). Elle a été multipliée par 1,3 pour les Etats-Unis et a été presque doublée pour la Chine et l'Inde. Le Pakistan connaît la plus forte progression parmi les pays producteurs consommateurs de coton avec une multiplication par 4,5 des volumes consommés entre 1980 et 2007. Evolution de la consommation mondiale ainsi que des consommations nationales des principaux pays consommateurs entre 1980/81 et 2009/10 en millions de tonnes
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après le "Coton : statistiques mondiales - Bulletin du Comité consultatif international du coton (CCIC)" Malgré le développement de la transformation locale du coton, notamment au sein des pays en développement, celui-ci demeure l'un des principaux produits agricoles commercialisés avec environ le tiers de la production mondiale exportée chaque année et près de 4,6 millions de tonnes de coton brut échangées annuellement depuis les années 1960. Carte des principaux flux du commerce de coton (moyenne 2000-2004)
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques du Comtrade (2631 : coton, à l'exclusion des linters, non cardés, ni peignés) Avec 1,6 millions de tonnes exportées chaque année en moyenne depuis 1980 (soit 26% des exportations mondiales) et des projections prévoyant 2,3 millions de tonnes pour les campagnes 2000/01 à 2005/06, selon le CCIC (soit 36% des exportations mondiales environ), les Etats-Unis sont et devraient demeurer le premier pôle exportateur et financier du monde en ce qui concerne le coton brut. Les débouchés traditionnels des exportations américaines sont, d'une part les pays asiatiques (48% des exportations américaines entre 2000 et 2004) avec en tête, la Chine, le Japon, la République de Corée et l'Indonésie (agrégés, ces pays ont compté pour le tiers des importations asiatiques) et d'autre part, le Mexique et la Turquie. Concernant les courants d'échange entre le Mexique et les Etats-Unis, des zones industrielles spéciales connues sous le nom de Maquiladoras ont traditionnellement joué un rôle important. Jusqu'en 1992, ces statistiques étaient uniquement comptabilisées par la Banque centrale du Mexique. A partir de cette date, elles ont été prises en compte dans les statistiques internationales. Cette particularité explique pourquoi certaines sources indiquent une forte augmentation (artificielle) du poids du Mexique dans les exportations de coton brut américain depuis 1992, qui n'a pas lieu d'être, lorsque l'on intègre les données de la zone franche susmentionnée. Dans le cadre de l'ALENA, 4% des exportations américaines sur la période 2000-2004 étaient dirigées vers le Canada. Répartition des importations de l'Union européenne (UE15) de coton par origine (moyenne sur la période 2000-2004)
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques du Comtrade (2631 : coton, à l'exclusion des linters, non cardés, ni peignés) L'Ouzbékistan est, depuis la dissolution de l'URSS, le deuxième pays exportateur de coton avec environ 700'000 tonnes exportées annuellement entre 1990 et 2004, soit environ 12% des exportations mondiales sur la période. Selon les projections faites par le CCIC, les exportations ouzbeks devraient baisser de manière significative dans les années à venir passant ainsi de 760'000 tonnes exportées en 2001 à moins de 600 000 tonnes en 2006 (soit une part dans les exportations mondiales de 11% environ). En 2004, le volume des exportations ouzbeks s'élève à 440'000 tonnes selon les données statistiques de la FAO. Importance du coton brut en tant que source de devises à l'exportation de marchandises comparée à celle d'autres produits agricoles
Source : Le coton : deuxième partie - le coton entre le Nord et le Sud : une fibre menacée, une industrie combative par Françoise de Morsier et Simone Forster édité par le Service de l'information de la DDA (révisé par le Secrétariat de la CNUCED) Même si l'Afrique francophone représente une part très faible des exportations mondiales, celle-ci exporte 95% de sa récolte (selon Marchés tropicaux : 22 mars 2002). Evolution de la part des principaux pays importateurs de fibres de coton à travers les décennies 1980 à 2000
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après le "Coton : statistiques mondiales - Bulletin du Comité consultatif international du coton (CCIC)" Depuis le début des années 1980, la situation du marché en ce qui concerne les importations s'est profondément modifiée et devrait continuer d'évoluer dans les années à venir. Le marché des importations mondiales de fibres de coton s'atomise. Alors qu'en 1980, 85 pays importaient des fibres de coton, ils sont 104 en 2004. La part des acteurs traditionnels du marché dans les importations mondiales tend à se réduire au fur et à mesure des décennies. Tel est le cas de l'Union européenne, de la Fédération de Russie, du Japon, de la République de Corée et dans une moindre mesure de la Chine, qui représentaient ensemble près des trois quarts des importations mondiales sur la décennie 1980 contre un peu plus du tiers sur la décennie 2000. A côté de ces acteurs traditionnels, de nouveaux pays importateurs de poids interviennent sur le marché, surtout en Asie. Tel est le cas par exemple de la Thaïlande ou du Mexique dont la part dans les importations mondiales est passée de moins de 10% sur la décennie 1980 à près de 30% sur la décennie 2000. Le commerce équitable du coton L'une des principales associations du commerce équitable, Max Havelaar a lancé en mars 2005, le premier produit de base non alimentaire issu du commerce équitable : le coton. Pour cela elle travaille avec des petits producteurs Camerounais, Maliens et Sénégalais (20'000 environ) organisés en groupements et certifiés par l'Organisme international de normalisation FLO. Ceux-ci devraient être rejoints vers la fin de l'année 2005 par des coton-culteurs Burkinabés qui représenteront alors la majorité des producteurs de coton équitable. Afin de mettre en place cette nouvelle filière, l'association Max Havelaar s'est associée avec la société française DAGRIS et a bénéficié du soutien financier de différentes autorités de l'hexagone (Ministère des affaires étrangères et Centre de développement de l'entreprise*). Les produits en coton équitable sont écoulés sous différentes marques (Armor Lux, Célio, Cora/influx, Eider, Hacot, Colombier, Hydra, Kindy, La redoute et TDV industries). Afin de bénéficier des prix proposés par le commerce équitable sur le coton-graine (qui représentent d'après Max Havelaar 46% de plus que le prix proposé pour le coton-graine sénégalais issu de la filière traditionnelle et 26% de plus pour le malien sur la campagne 2004/05) les producteurs doivent être certifiés (frais qui sont à leur charge) et respecter un cahier des charges spécifique, tel que le remplacement des sacs en polypropylène par des sacs de récolte en coton ou un meilleur tri. Décomposition du prix du coton-graine dans le cadre du commerce équitable
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après un article de Marchés tropicaux du 11 mars 2005 Pour de plus amples informations, consulter les sites internet
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