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- Les conditions de culture Le poivrier est une plante très ancienne qui prospérait à l'état sauvage dans les forêts humides et ombragées de l'Inde, notamment sur la côte de Malabar et dans les régions bordant la mer de Chine méridionale (Indochine, Malaisie). Après avoir fait l'objet de recherches importantes dans le but d'améliorer son rendement et de l'introduire dans des zones au climat adapté où il n'était pas cultivé jusqu'alors, le poivrier a été implanté avec succès, notamment à l'Île Maurice et à La Réunion. Le poivrier est un arbre des régions tropicales et subtropicales qui peut mesurer plus de dix mètres à l'état sauvage, mais dont la taille est limitée à trois mètres en culture. Dans ce second cas, le poivrier est multiplié, en principe, par bouturage d'une cinquantaine de centimètres, puis repiqué en pleine terre. L'arbre se présente sous la forme d'une liane, assez épaisse et ligneuse, qui peut faire penser à la vigne ou à la vanille. Il a besoin pour se développer de s'appuyer sur un support qui peut être un tuteur ou un autre arbre, planté en tandem, auquel la plante va s'agripper au cours de sa croissance grâce aux racines adventives qu'il développe au niveau des nuds de sa tige. Dans la nature, la plante choisit souvent un arbre dont la couronne bien développée lui fournira l'ombre nécessaire à son développement. En culture, la plantation de l'arbre qui servira de tuteur devra se faire simultanément à celle du poivrier ou lors du remplacement des poivriers devenus improductifs car trop vieux ou malades. Lors de la mise en terre, il faut toujours garder à l'esprit le fait que les deux plantes doivent pouvoir se développer en symbiose, entre autres au niveau de leur système racinaire. Les feuilles du poivrier ont la forme d'une palme et sont de couleur vert foncé. Elles sont épaisses, brillantes, longues d'une dizaine de centimètres environ et présentent une série de nervures très visibles. Elles sont fixées de manière alterne sur la tige de la plante. Au moment de la floraison, la plante se pare de petites fleurs blanches réunies en épis cylindriques d'une quinzaine de centimètres. Elles sont généralement unisexuées, monoïques ou dioïques, c'est à dire que les organes mâles (étamines) et femelles (pistils) sont situés sur des feuilles ou des branches différentes du même pied (plantes monoïques) ou des pieds différents (plantes dioïques). L'arbre ne donne pas de fruits les premières années et ne devient économiquement exploitable qu'à partir de sa cinquième année. Quand ils se développent, les fruits sont réunis en grappes très serrées d'une quarantaine de baies environ. Celles-ci sont monospermes*, rondes et charnues avec un mince péricarpe. Leur couleur varie en fonction du degré de maturité du fruit. Elle sera verte au début, puis rouge à maturité. Pour se développer convenablement le poivrier a besoin d'un sol bien drainé, faiblement acide , humide et des précipitations comprises entre 1800mm et 2500mm par an, réparties de manière uniforme tout au long de l'année. Le poivrier tolère des températures comprises entre 20°C et 40°C mais pas l'ensoleillement direct. On le trouve généralement à des altitudes assez basses (moins de 1200m) et dans des climats chauds qui ne présentent pas de phénomènes trop marqués (vents violents, sécheresse, pluies violentes). A titre d'illustration, la campagne poivrière indienne se déroule de la manière suivante :
Source : Secrétariat de la CNUCED En Inde, la récolte a lieu pendant les mois de novembre à février, toutefois, ceci n'est pas le cas dans tous les pays producteurs. Par exemple, celle-ci a lieu au cours des mois de juin et de juillet en Malaise, d'août à septembre au Brésil et de juillet à septembre en Indonésie. On peut diviser l'évolution du rendement des poivriers en quatre grandes périodes :
Les chiffres indiqués ci-dessus sont des moyennes, les rendements du poivrier étant, en effet, extrêmement sensibles à différents facteurs tels que l'altitude, la qualité du sol, les techniques, le soin apporté aux cultures ainsi que la météorologie, notamment au cours des deux périodes durant lesquelles l'arbre est le plus fragile, c'est à dire : la floraison et le développement des fruits. De plus le rendement de l'arbre ne correspond pas au rendement en poivre obtenu et cela du fait des opérations ultérieures de traitement en vue de l'obtention de poivre noir (séchage) et de poivre blanc (décorticage et séchage). Il s'agit donc, pour évaluer les rendements réels par arbre et par hectare en poivre "net", d'appliquer un coefficient de 0,33 pour le poivre noir et de 0,25 pour le poivre blanc. Le poivrier vit et produit une vingtaine d'année, chaque pied fournissant cinq à six kilos de fruits par an. Évolution des rendements mondiaux et nationaux entre 1961 et 2002 en tonnes par hectare
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture Le rendement annuel mondial moyen à l'hectare est situé aux alentours de 0,65 tonnes sur la période 1961-2002. Ce rendement a très peu progressé entre 1961 et 2002. Il est passé de 0,47 tonnes par hectare la première année à 0,76 tonnes à la fin de la période, avec une évolution plus marquée au cours des années 1960 (+13% entre 1961 et 1970 passant ainsi de 0,47 tonnes par hectare en début de période à 0,53 en 1970). Parmi les premiers pays producteurs, certains affichent un rendement beaucoup plus important que les autres. C'est le cas du Brésil et de la Malaisie, respectivement troisième et quatrième producteurs mondiaux de poivre en volume qui enregistrent sur la période 1961-2002, un rendement à l'hectare de 2,23 tonnes pour le Brésil et de 2,65 tonnes pour la Malaisie. En ce qui concerne les deux premiers pays producteurs de poivre au monde que sont l'Indonésie et l'Inde, leur place dans le classement mondial des pays producteurs est essentiellement le reflet de la superficie cultivée et non de leur productivité à l'hectare qui se situe dans la moyenne mondiale basse avec 0,84 tonnes pour l'Indonésie et 0,26 tonnes pour l'Inde sur la période. En outre la Chine a enregistré une hausse très importante tant de sa production que de sa productivité à l'hectare au cours de la période considérée, ce qui lui permet de se classer parmi les dix premiers pays producteurs mondiaux de poivre. La Chine a multiplié par 6,5 son rendement entre 1961 et 2002 pour atteindre 1,42 tonnes par hectare la dernière année. Les rendements les plus élevés à l'hectare sont enregistrés par le Cambodge et le Costa Rica qui affichent respectivement 3,83 tonnes et 3,38 tonnes en moyenne sur la période 1961-2002, soit une productivité à l'hectare plus de cinq fois supérieure à celle enregistrée au niveau mondial. Les maladies et les ravageurs du poivre Il existe plusieurs maladies susceptibles d'attaquer les poivriers, ainsi que d'endommager ou de détruire les fruits. La principale est la pourriture du pied dont l'agent causal est le Phytophtora Palmivora spp. Il était, à l'origine, plus connu sous le qualificatif de "mort subite". Cette maladie a déjà causé de très grandes pertes en Indonésie (Sumatra en 1925 et 1935) et au Sarawak (1952). Les premiers symptômes de l'attaque se caractérisent par un affaissement assez peu marqué de la plante dans son entier, suivi d'un jaunissement des feuilles qui tombent rapidement en une ou deux semaines. La plante commence ensuite à s'affaisser doucement et meurt entièrement au cours de la semaine qui suit. Par temps humide, les feuilles peuvent être attaquées directement. Ce mode opératoire peut être détecté par l'apparition de lésions circulaires brunes sur la plante. Les autres maladies sont : le champignon Fusarium, Diplodia and Rhizoctonia spp qui affecte les racines de l'arbres ainsi que le Colletotrichum necator qui s'attaque aux parties aériennes du poivrier et en particulier aux feuilles et aux baies. En Indonésie et en Malaisie, plusieurs types d'agressions sont signalés dont la plus importante est le charançon (Lophobaris piperis). Ce coléoptère de couleur marron foncé, une fois adulte, creuse des trous ronds dans les baies pouvant ainsi conduire à leur perte totale et à leur chute prématurée des branches. Pour lutter contre cet ennemi du poivrier, il suffit généralement d'élaguer la plante et de détruire les branches infectées. A noter également le Dasymis piperis et le Aspidistrae latus. Le principal ravageur de la culture du poivre est un insecte : la Longitarsus negripennis (altise) qui est une des principales causes d'endommagement des baies en Inde. Les adultes creusent les fruits encore jeunes pour y pondre leurs ufs. Après 5 à 8 jours, les ufs éclosent et la larve commence à se nourrir de la baie, creusant ainsi son chemin vers l'extérieur, en vue d'attaquer d'autres fruits. Les symptômes de cette attaque sont des baies noires, asséchées et ravinées en surface comme en profondeur. Le pourcentage de la récolte détruite par cet insecte peut se monter à 40%. Un second insecte qui endommage les pousses et les baies est le Laspeyresia hemidoxa. - Pour de plus amples informations sur les maladies et ravageurs du poivre en Malaisie et en particulier dans l'État du Sarawak, se reporter au site internet suivant : Pests of pepper. - Pour de plus amples informations sur la culture du poivrier, consulter
les sites internet suivants : Monosperme : qui ne contient quune seule graine. |
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