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Prix - Formation
des prix De par sa structure atypique caractérisée par l'importance des accords préférentiels, la formation des prix du sucre n'est en rien comparable à celle des autres produits de base. Système de formation des prix du sucre dans la filière internationale
Source : Secrétariat de la CNUCED La formation des prix est en effet fortement influencée
par les régimes spéciaux et les arrangements préférentiels.
Dans ce cadre, les prix sont généralement fixés à
l'avance et ne varient pas au cours de l'année. Pour les bénéficiaires
(pays ACP) du protocole sucre (accords de Cotonou), un quota à
l'exportation vers l'Union européenne leur est accordé avec
un prix préférentiel fixe dérivé des cours
de soutien payés aux producteurs européens. Une situation
similaire existe pour les pays jouissant des régimes de contingentement
avec les Etats-Unis, à la différence près que les
prix préférentiels octroyés sont variables et suivent
le contrat à terme sur les sucres bruts n° 14 (négocié
au NYBOT). Un exemple de régimes spéciaux : le cas de l'Union européenne Sur le marché domestique de l'Union européenne par exemple, la formation des prix est influencée par l'organisation commune du marché du sucre qui isole les cours communautaires des prix internationaux pour la production domestique sous quotas. Système de formation des prix du sucre dans l'Union européenne
Source : Secrétariat de la CNUCED Dans ce cadre, une série de mesures a été retenue, comprenant entre autre:
Les niveaux de prix susmentionnés n'ont pas été modifiés depuis la campagne 1993/94 et restent fixés jusqu'à la fin de la campagne 2005/2006. Pour de plus amples informations, se référer au document de la commission européennel"OCM dans le secteur du sucre". Le marché libre est quant à lui relativement étroit, (il représente moins d'un tiers du sucre négocié), rendant la fluctuation des prix internationaux d'autant plus aléatoire (pour de plus amples informations, se référer à la partie instabilité ci-dessous). L'association mondiale des producteurs de betteraves et de canne à sucre (AMPBCS) a mené une enquête en 2003 afin de mettre en place un système d'information sur les prix (ainsi que sur la teneur en sucre, le transport des betteraves et des cannes à sucre, etc.) payés aux planteurs de betteraves et de canne à sucre et sur les prix payés par les consommateurs. Le tableau ci-contre résume les réponses reçues en 2003 provenant de quinze pays producteurs (huit de betterave et sept de canne) :
Source: Bulletin
Mondial des Betteraviers et des Planteurs de Canne à Sucre,
N°1, Mars 2003 Évolution des prix et analyse historique Evolution comparée des prix du sucre en US cents/lb et du pétrole en dollars/baril (origine ports des Caraïbes) entre janvier 1960 et décembre 2005
Source : Secrétariat de la CNUCED, d'après les données statistiques du Bulletin mensuel des prix Les accords internationaux sur le sucre renfermant des clauses économiques se sont succédés de 1937 à 1984. Toutefois les dispositions qui prévoyaient la mise en place d'une bande de fluctuation du prix du sucre (3,50 cents/lb à 5,25 cents/lb) n'a pas permis d'éviter les deux grandes crises intervenues sur ce marché en 1975 et au début des années 1980. Cette situation s'explique en partie du fait des moyens mis en place dans le but de contrôler les prix qui étaient principalement basés sur une politique de gestion des quotas d'exportation et qui tendait à réagir avec un effet/retard par rapport aux chocs en introduisant des effets pro-cycliques. Pour expliquer la première flambée des prix, il convient de rappeler qu'en 1972, le niveau de la production mondiale de sucre était faible comparé aux années précédentes, notamment du fait de la baisse conjuguée des productions cubaine et soviétique. Cette situation a incité les acheteurs à puiser dans les stocks de sucre afin de satisfaire leurs besoins et a, par conséquent, entraîné une augmentation des prix (cette année là, les prix ont atteint 7,27cents/lb alors que le prix plafond autorisé dans le cadre de l'Accord international sur le sucre était de 5,25 cents/lb). Les chocs pétroliers de 1973 et 1979, outre l'influence des fondamentaux, ont eu un impact majeur sur la majorité des marchés des produits de base, y inclus celui du sucre. Cette interpénétration des marchés s'explique en partie par l'objet même du pétrole et son caractère indispensable notamment en matière de transport. Ceci explique que la volatilité des cours du pétrole ait contaminé d'autres marchés, notamment celui du sucre qui a enregistré une forte instabilité de ses prix entre novembre 1973 et novembre de l'année suivante (454% d'augmentation passant ainsi de 10,14 cents la livre à 56,14 cents la livre). Dans le même temps, les prix du pétrole progressaient de l'ordre de 220% passant ainsi de 3,3 dollars par baril à 10,57 dollars par baril au cours de la même période. Si les facteurs précités ont certainement influencé la hausse du prix du sucre en 1973, ils n'expliquent pas intégralement l'ampleur de celle-ci. Un deuxième élément, basé sur une variable humaine peut être à l'origine de l'amplification du phénomène : il s'agit de l'effet de pénurie. En cas de hausse importante, comme celles connues en 1973 et 1978, les ménages se ruent en général sur les stocks de denrées de première nécessité (sucre, farine, huile...), déclenchant ainsi une situation de pénurie et par conséquent une hausse des prix des denrées précitées. Des positions spéculatives et des anticipations importantes concernant la réussite ou l'échec du plan Proálcool au Brésil ont également constituté un facteur pouvant expliquer l'ampleur des crises du sucre jusqu'à la fin des années 1970. Le maintien de la tension sur le marché international du sucre s'est prolongé en raison de plusieurs facteurs ayant trait à l'offre et à la demande. En effet, d'une part le niveau artificiellement élevé des prix a attiré sur ce marché de nouveaux pays producteurs ; ce qui a eu pour conséquence d'augmenter l'offre de sucre. D'autre part , l'émergence de substituts a eu tendance à réduire la consommation. C'est par exemple le cas dans le domaine des boissons non alcoolisées où le sucre est fortement concurrencé par les édulcorants (à l'orée du nouveau millénaire la plus grande partie des boissons sont produites à partir de ces nouveaux agents sucrants). A l'inverse, la mise en place de politiques innovantes dont l'exemple le plus parlant est le plan Proálcool du Brésil de la fin 1975 tend à soutenir les cours du sucre. Celui-ci est d'autant plus important qu'il ne s'agissait aucunement d'un "coup" politique en réponse à la crise pétrolière de 1973, mais d'une stratégie à long terme du gouvernement brésilien qui visait à remplacer un jour le carburant traditionnel des véhicules automobiles par de l'éthanol (énergie produite à partir de sucre de canne : voir partie "technologie" et "utilisations" de cette fiche). Pour pouvoir mener à bien ce projet, le Brésil a dû tripler la superficie des terres consacrées à la canne à sucre. A l'orée 2000, 55% du parc automobile brésilien fonctionne à l'éthanol pur et 45% avec un mélange d'essence et d'éthanol. La seconde hausse du sucre de 1980 est moins prononcée que celle
de 1973. Les prix du sucre ont été multipliés par
4,6 d'août 1979 à octobre 1980 passant ainsi de 8,85 cents/livre
à 40,55 cents/livres en l'espace de 14 mois. Ils sont ensuite redescendus
à 5,77 cents par livre en septembre 1982. Cette seconde hausse
trouve son origine dans les mêmes causes que la première
:
Les années 1990 ont marqué une période d'accalmie sur le marché du sucre. En effet, au cours de cette décennie la volatilité des prix* n'a été que de 17% contre 47% pour la période 1960-1970, 60% pour 1970-1980 ou même 46,5% au cours des années 1980. Le prix du sucre s'est élevé en moyenne à 10,4 cents/livre entre janvier 1990 et décembre 1999 enregistrant son cours le plus élevé en début de période, en mars 1990 avec 15,36 cents/livre et le plus bas, en fin de période, à 5,38 cents/livre en juillet 1999. Cette relative stabilité s'explique principalement par l'importante élasticité prix de la demande au cours de cette période. Depuis le début du nouveau millénaire, les prix du sucre ont chuté pour se situer en dessous de 8 cents/lb (moyenne sur la période 2000-2005), contre plus de 10 cents/lb les trois décennies précédentes.
Source : Secrétariat de la CNUCED, d'après les données statistiques du Bulletin mensuel des prix Le niveau de l'offre et de la demande et par conséquent celui des stocks est souvent un élément déterminant dans le secteur des produits de base. Dans le cas du sucre, il prend une importance stratégique prépondérante notamment du fait du soutien institutionnel accordé à l'industrie sucrière depuis plusieurs décennies. Depuis 1995, les stocks ont gonflé de manière importante : de 60,5 millions de tonnes en 1997, ils ont augmenté de plus de 25% en l'espace de quatre années, atteignant ainsi 74 millions de tonnes en 2001, ce qui explique la tendance à la baisse des prix pendant cette période. *Volatilité ou indice d'instabilité La volatilité des prix est ici représentée
par le pourcentage de déviation des variables par rapport à
la ligne de tendance exponentielle pour une période donnée.
Cet indice d'instabilité est calculé selon: où Y(t) est la valeur observée de
la variable Concernant le sucre, deux Bourses sont utilisées comme référence internationale : le New York Board of Trade (pour le sucre de canne centrifugé non raffiné) et le London International Financial Futures and Options Exchange (pour le sucre blanc qu'il soit de canne ou de betterave). Pour accéder aux différents contrats à terme et d'option sur le sucre, cliquer ici.
Prix à terme http://www.crbtrader.com http://www.nybot.com http://www.liffe.com http://www.bmf.com.br/IndexEnglish.asp http://www.sce-bg.com/eng/index.htm http://www.tge.or.jp/english/index.shtml Information complémentaire sur les prix Le bulletin des prix des produits de base publié par la CNUCED fournit une moyenne mensuelle des prix du sucre (f.a.b. ports des Caraïbes en vrac). http://www.sugarinfo.co.uk/ http://www.alaron.com/home.htm http://www.reuters.com http://www.bloomberg.com/markets/commodities/cfutures.html http://www.cirad.fr/publications/documents/produitstrop/sommaire.html http://www.worldbank.org/prospects/pinksheets/
(suivre ensuite "Data & Research", puis dans le menu déroulant
"prospects", sélectionner "Commodity Price Data") Prix au niveau domestique http://www.fas.usda.gov/commodities.asp http://www.cepea.esalq.usp.br Les prix au Brésil peuvent y être consulté en cliquant sur "indicadores de precos" puis sur "Acucar". http://www.sagarpa.gob.mx Les prix mexicains et d'autres informations sur le sucre comme la production, peuvent y être consultés à condition de s'enregistrer. http://www.agriculture.com/markets/ http://www.ams.usda.gov/marketnews.htm http://usda.mannlib.cornell.edu/usda/usda.html http://www.indiancommodities.com/ http://apps.fao.org/
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