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L’investissement étranger direct vers les pays en transition s’est contracté en 2012


Communiqué de presse
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UNCTAD/PRESS/PR/2013/032
L’investissement étranger direct vers les pays en transition s’est contracté en 2012

Geneva, Suisse, 26 juin 2013

​D’après le Rapport sur l’investissement dans le monde 20131 : Les chaînes de valeur mondiales: l’investissement et le commerce au service du développement, les flux d’investissement étranger direct (IED) à destination des pays en transition se sont contractés de 9 % en 2012, pour s’établir à 87 milliards de dollars des États Unis. Alors qu’ils ont presque baissé de moitié dans les pays d’Europe du Sud-Est, ils sont restés plus stables dans les pays de la Communauté d’États indépendants (CEI).

Le rapport, disponible qu’en anglais, a été publié aujourd’hui.

En Europe du Sud-Est, la chute des IED, qui sont passés de 7,2 milliards de dollars à 4,2 milliards de dollars, est largement imputable aux pays voisins qui sont les principaux investisseurs dans la sous-région. Dans la CEI, les flux ont baissé de 7 %, passant de 88 milliards de dollars à 82 milliards de dollars. Cette baisse est relativement faible car les marchés de consommation en expansion et les immenses ressources naturelles des pays du groupe ont continué d’exercer un fort attrait sur les investisseurs étrangers. L’investissement est toutefois resté concentré dans quelques pays, les trois premières destinations (Fédération de Russie, Kazakhstan et Ukraine) mobilisant 84 % des entrées dans la sous-région (fig. 1).

En Fédération de Russie, les entrées d’IED ont reculé de 7 %, à 51 milliards de dollars, mais les investisseurs étrangers ont continué d’être attirés par le dynamisme des marchés de consommation, comme le montre l’ampleur des bénéficies réinvestis dans le secteur de l’automobile et le secteur financier. L’accession de la Fédération de Russie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a aussi influencé les décisions des investisseurs vis-à-vis de certains projets. Les pays développés, en particulier des pays membres de l’Union européenne (UE), sont demeurés les principales sources d’IED à destination de la Fédération de Russie.

Les entrées d’IED au Kazakhstan ont augmenté de 1 %, pour atteindre 14 milliards de dollars − le deuxième meilleur résultat jamais atteint −, en raison des importantes ressources naturelles et de la croissance économique du pays. Les industries extractives ont attiré près de un cinquième des investissements directs au Kazakhstan en 2012, et les services financiers, 12 %. L’Ukraine a battu son record, attirant près de 8 milliards de dollars d’IED.

L’atonie générale des investissements directs dans les pays en transition en 2012 s’explique par le ralentissement des fusions-acquisitions internationales, dont la valeur nette (achats moins cessions) est devenue négative pour la première fois. Les projets d’investissements de création de capacités − investissements dans de nouveaux projets ou extension de projets existants, plutôt qu’investissements par fusion-acquisition − ont aussi fortement diminué.

Les IED réalisés par les pays en transition se sont aussi contractés en 2012. Avec 92 % du total, la Fédération de Russie a continué de représenter l’essentiel des flux. Bien que les STN du secteur des ressources naturelles aient poursuivi leur expansion à l’étranger, les principales acquisitions en 2012 ont concerné le secteur financier. Ainsi, Sberbank − la première banque russe − a acquis l’établissement bancaire turc Denizbank pour 3,9 milliards de dollars.

Outre les formes traditionnelles d’IED, les opérations dites «de carrousel» (round tripping) semblent être une pratique assez répandue en Fédération de Russie, comme le laisse supposer la très forte corrélation des entrées et sorties de capitaux entre le pays et des centres financiers tels que Chypre et les îles Vierges britanniques. Si l’on observe le stock intérieur et extérieur d’IED de la Fédération de Russie, on constate en effet que les trois principaux investisseurs dans le pays − Chypre, les Pays Bas et les îles Vierges britanniques − sont aussi les principaux bénéficiaires de capitaux russes et que les montants des flux entrants et sortant sont relativement proches (fig. 2).

Avant le déclenchement de la crise financière et économique et grâce à la reprise économique, à l’amélioration du climat d’investissement et aux négociations d’association (et d’accession) avec l’UE engagées en 2005, les activités de mobilisation d’IED des pays d’Europe du Sud-Est avaient beaucoup progressé, surtout après 2006. En 2009, la situation s’est renversée. En Croatie, pays de la sous-région le plus durement frappé par la crise, les entrées d’IED ont accusé une chute de 6 milliards de dollars en 2008 à 432 millions de dollars en 2010. Pendant cette période, les flux d’IED vers la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et l’ex-République yougoslave de Macédoine se sont aussi sensiblement taris. L’Albanie, par contre, a bien résisté, surtout grâce à un climat d’affaire favorable aux investisseurs et aux perspectives offertes par la privatisation d’entreprises d’État. La fragilité des flux d’IED vers l’Europe du Sud-Est s’explique aussi par les difficultés économiques de l’UE, l’un des plus grands investisseurs dans la sous-région, qui ont eu des répercussions particulièrement négatives sur l’investissement direct dans ces pays, indique la CNUCED dans son rapport.

Figure 1 - Pays en transition: les 5 premiers bénéficiaires d’IED, 2011 et 2012
(en milliards de dollars É.-U.)

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Source: CNUCED ; Rapport sur l’investissement dans le monde 2013.

Figure 2 - Stock d’IED de la Fédération de Russie: les 10 premiers investisseurs et bénéficiaires
(en milliards de dollars É.-U.)

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Source: CNUCED ; Rapport sur l’investissement dans le monde 2013.